Tuesday, 8 January 2013

ما المحاضرة؟





     الكاتب 


في المحاضرة (على وزن مفاعلة، مثل المنادمة والمسامرة) الحضورُ، حضورُ المحاضر لدى الجمهور، وحضور الجمهور لدى المحاضر، وحضور الجمهور بعضُه لبعض. فيها حضورُ الأشخاص المادي والذهني، ورهبةُ الأمكنة، وهَيبةُ المقامات. فيها الساحةُ العامة، والمساواةُ بين الوافدين، واستقلالُ البحث، وشيء من روح سقراط في  الجدل والحوار واختزان الذات للمعرفة. ويكاد يكون الشعار: "عرّف نفسَك بنفسك".  
وفي المحاضرة أولويةُ المشافهة والإصغاء، نبرة صوت المتكلم وما فيها مما يحيي المعنى ويميته، وضرورة شدّ الانتباه لأن ما فات لا يُعوض ولا يستعاد. كأننا ما قبل الكتاب أو ما بعده أو في ما يتعدّاه.
وفي المحاضرة اختزالُ الزمانِ، وفيها للسامعِ التبحرُ في مسألةٍ من المسائل في وقتٍ وجيزٍ والخضوعُ لميعاد معين فُرض عليه، فألزمه وحرّره من الأهواء والمشاغل والتشتت بينهما. وفيها للمتكلم ضرورةُ تنظيم الأفكار وتبويبها لعرضها كاملة ومترابطة  في وقت ضيّق، وضرورةُ الجمع بين المجرد والملموس، والحاجة إلى روح الفكاهة في سياق الجدّ، ومغالبةُ المفاهيم الجافة بالحركةِ المفعمةِ حياةً، وبالنسقِ الجمالي يقود إلى نمنمةٍ في الزمان.


          لكن للمحاضرةِ أيضاً أوجهُ تشابهٍ بمؤسسات أخرى.

          تشاركُ المسرحَ في ما يُرى وما لا يُرى. فوراء الخشبةِ الكواليسُ، والهيئة المنظمة التي اختارت المواضيع والمتكلمين وادرجتهم في حلقات وسياقات، وقادت مفاوضات، وسعت إلى غايات ومرامٍ فجاءت "التمثيليات" تارة في اطار الأدب الملتزم الساعي إلى بناء الدولة أو تفكيكها، وطوراً في اطار الأمسية الشعرية والفن للفن. وكانت المواجهات في الحقول العامة حيناً، وفي ميادين وحقول ضيّقة أحيانا. وأمام المسرحِ الجمهورُ بتراتبه وأرائه وأحكامه


.انتونان ارتو صاحب نظرية خاصة في المسرح وصاحب إحدى أشهر المحاضرات في الثقافة الفرنسية في مسرح الفيو كولومبية في 13/1/1947. رسم إرنست بينيون إرنست.


            تقاربُ المحاكمة أحيانا مستنطقةً اصحابَ المواقع والأبحاث، ملزمةً إياهم عرض ما يملكون من تصورات ومعلومات، فارضة عليهم بلورة ما يقومون به وتقييمه اعلاناً. وفي ظهور الأفكار على الملأdans un espace public  سمةُ الأنوار Aufklärung   الأولى. وفي حوار أفلاطون  دفاع سقراط عن نفسه أمام هيئة محاكمته المؤلفة من خمسماية مواطن، نجد نصّاً من النصوص المؤسّسة للفلسفة وللحضارة الغربية.



سقراط 



          أخيراً تلامسُ المحاضرةُ التعليمَ، وهي أصلاً أسلوبُه المعتمد والمفضّل داخل الحرمِ الجامعيّ. وفي ثنائية المعلمِ والمتعلمِ ميراثُ أكاديميّة أفلاطون، أولى جامعات الكون، و لوقيون رِسطاليس كما سمّاه المتنبّي:
        مَن مخبرُ الأعرابِ أنّي بعدها     جالستُ رسطاليس والإسكندرا
وإذا كانتِ المشافهةُ تغلبُ على المحاضرةِ، فالنصُّ المكتوبُ حاضرٌ في الإعداد لها، وفي إلقائها، وفي نشرها بعد ذلك. والأمرُ لا يمسّ  جوهرَها، بل يزيدها وقعا أو ينقذها إذا سقطت في مطالعةٍ رتيبةٍ.             

              قد تهدّد الاجتماعياتُ وحفلةُ الشاي المحاضرةَ. لكن الإتصالات الحديثة قد تجعل منها أداة التواصل الفكري الأولى في العالم متيحةً لها فرصاً لم تحظَ بها يوماً.




Friday, 4 January 2013

LE LIBAN AU CONSEIL DE SÉCURITÉ 2010-2011 : NAWAF SALAM


Le Liban est-il un mythe ou une réalité ? ou un État schizophrène passant continuellement du rêve d’être une république distincte par ses élites et son peuple et digne comme telle de veiller aux destinées des nations à la réalité d’une entité incapable de se gouverner elle-même et toujours en quête d’une puissance ou d’un consensus international qui lui apportent de l’extérieur la paix, l’intégrité du territoire et la sécurité ? Dans le livre composé par lui pour rendre compte des deux années de  présence du Liban au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies comme membre non permanent et  comme représentant de la communauté des États arabes (il fut élu pour les années 2010-2011,  le 15 octobre 2009 par 180 voix sur 193, succédant à la Lybie 2008-2009 et au Qatar 2006-2007 et retrouvant un siège qu’il occupa en 1953-1954), l’ambassadeur Nawaf Salam relate la question telle qu’elle se posa en termes d’opportunité politique à l’approche de la candidature du pays au siège onusien alors que l’ élection était déjà acquise suite aux appuis et aux ralliements.  « Certains hommes politiques libanais, relayés par bien des analystes et des éditorialistes, ont appelé le gouvernement à retirer la candidature du Liban sous prétexte qu’il n’avait aucun intérêt à faire partie du Conseil de sécurité car cela ferait de lui un objet de pressions facile et approfondirait ses dissensions internes (…) Telle fut aussi l’attitude de quelques grandes puissances qui intervinrent auprès des responsables de Beyrouth pour revenir sur une candidature posée en 1996 et qui avait fait son chemin en ralliant à elle les pays arabes (1997), le groupe asiatique et l’organisation du congrès islamique (2008). Elles affirmaient que le siège convoité ne serait d’aucune utilité au Liban et peut être craignaient-elles que sur des dossiers sensibles il s’écarte de leurs intérêts ou positions. »  Mais se ranger de ces avis, poursuit Salam, « ne signifiait rien de moins, pour le concert des nations, que l’un des termes de l’alternative suivante : ou bien le Liban est un État failli ou bien son gouvernement est d’une totale impuissance. » Pour l’avoir compris en 2009, les présidents Suleyman et Siniora « ont soutenu le projet jusqu’à son terme, jusqu’à l’élection. »


l'ambassadeur Nawaf Salam parlant au nom du Conseil de Sécurité 

          Quel bilan tirer donc de l’occupation de ce siège pendant 2 ans? Salam ne nie pas « la pertinence de certaines craintes formulées par ceux qui émettaient des réserves », mais pour ajouter que « toute décision politique comporte avantages et désavantages ». Il enchaîne en dressant l’inventaire suivant : « La présence du Liban au Conseil de sécurité fut pour notre pays l’occasion de montrer à tous les États du monde, et du haut de l’instance internationale suprême, qu’il est en train de retrouver sa vitalité et de redevenir un état doté d’une politique étrangère indépendante et capable de prendre part à l’élaboration des décisions internationales. Alors que l’image dominante du Liban était celle d’un pays divisé, envahi, repaire du terrorisme local et international, champ idéal pour ‘la guerre des autres’, il devenait un acteur de plein pied. Il n’était plus un simple dossier sur la table du Conseil de sécurité, mais devenait un décideur derrière elle. »
          Confronté à l’idée que le Liban ne cessa pas durant cette période d’être survolé quotidiennement par l’aviation militaire israélienne, que les 2 résolutions 1559 (2004) et 1701 (2006), pour ne pas parler d’autres plus anciennes, n’étaient pas pleinement appliquées et faisaient l’objet de débats au sein du Conseil, l’ambassadeur -conforté par les arguments réitérés dans ses discours et mémorandums qui tous insistent sur les droits imprescriptibles du Liban, sur sa politique en faveur de l’application des résolutions internationales, sur le consensus libanais vis-à-vis des questions majeures,  sur les agressions permanentes d’Israël à tous les échelons- rétorque : « Les 2 années passées au Conseil de sécurité ont permis à la délégation permanente du Liban d’exposer son point de vue et de plaider sa cause directement, sans recours à des intermédiaires, comme d’aider à amortir les pressions internationales qui s’exerçaient parfois sur le pays. » Il narre comment le Liban fut à cette époque objet d’attentions de bien des états et combien les émissaires nationaux qui avaient besoin de sa voix pour les votes concernant leur  cause venaient le solliciter,  ce qui le pourvoyait d’ « d’une plus value internationale. » Mais surtout il montre comment un certain doigté diplomatique permettait, dans la question du Tribunal spécial pour le Liban par exemple, de sauvegarder les principes du Droit tout en ménageant la délicatesse du consensus (ou de l’absence de consensus) libanais sur le sujet (détails in pp. 124-126 de l’ouvrage).
          Le Liban jouirait-il d’une quelconque aura dans le monde comme se plaisaient à le penser certains Libanais avant la guerre et même au-delà et à quoi serait-elle due ? « D’une part, la crédibilité du Liban est toujours très grande dans la plupart des pays arabes et la haute qualification de ses diplomates continue à être reconnue par ces pays qui l’ont  souvent éprouvée dans les instances internationales et ailleurs. D’autre part, le Liban, plus qu’un autre, a l’oreille de bien des pays même occidentaux. » Puis il ajoute, abordant une question de fond : « Comme le Liban est au centre d’une région continuellement embrasée et comme c’est un petit pays et la  proie éventuelle des visées d’Israël, il lui est nécessaire de se doter d’une diplomatie agissante et de maintenir une forte présence dans les instances internationales qui aident à le protéger et viennent compléter la nécessité de renforcer son unité nationale et de développer  ses forces de défense. »
          Quelles ont les faits marquants des années 2010-2011 et quelle a été la politique libanaise à leur égard ? « Ce fut une période riche en événements et intense en activités (réunions, visites sur le terrain, déclarations et résolutions) de la part du Conseil de sécurité. Elle fut prédominée par les questions arabes de la Palestine au Soudan en passant par la Libye et la Somalie. Comme le Liban était le seul membre arabe du Conseil, on peut imaginer l’ampleur de ses responsabilités et la variété de ses interventions. Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer la place qu’y ont tenues les questions thématiques et transnationales relatives à la préservation de la paix dans le monde et des moyens de l’évaluer et de l’améliorer…Ainsi durant sa première présidence du Conseil (mai 2010)  la délégation libanaise consacra une séance pour débattre du ‘dialogue des cultures pour la paix et la sécurité internationales’ en raison de son expérience propre dans ce domaine et en raison de l’importance qu’a prise cette question après le 11 septembre 2001 : images stéréotypées de l’islam, haines de l’Autre, déni du pluralisme, du dialogue et de la tolérance. Durant sa seconde présidence (septembre 2011), elle consacra un débat de haut niveau à ‘la diplomatie préventive’ qui cherche non à endiguer les crises ou même à les résoudre mais à les empêcher par une meilleure performance du Conseil dans leur dépistage, par la collaboration intense avec les organisations régionales, par la consolidation des liens avec les forces vives des diverses sociétés civiles. Le Liban chercha, en conséquence, à réfléchir dans son activité ses ‘responsabilités internationales’ tout en cherchant à les concilier avec la quête de ses propres intérêts et de ceux des autres pays arabes. »
          « Outre les débats concernant le Liban, outre ceux sur la Palestine qui fit l’événement à trois reprises (projet de résolution contre la colonisation israélienne, agression des forces de l’état sioniste contre la ‘flotte de la liberté’ qui se dirigeait vers Gaza, présentation de la candidature de la Palestine aux Nations Unies), 3 questions litigieuses furent au centre des discussions et des pressions. Le dossier nucléaire iranien et le vote de nouvelles sanctions contre l’Iran (juin 2010) : Le Liban s’est abstenu non seulement pour des raisons internes, non seulement parce que tel était le climat arabe prédominant sur la question, mais parce que telles étaient ses convictions sur ce point à savoir que le dialogue doit prévaloir sur les sanctions, que tout le Moyen Orient doit être soustrait aux armes atomiques et que chaque pays a droit à l’énergie nucléaire civile. Suite au soulèvement libyen, le Liban a parrainé les résolutions 1970 et 1973 (mars 2011). Cette dernière se distinguant par l’appel à protéger par tous les moyens les civils des bombardements, le Liban fit en sorte que son texte exclut expressément toute occupation, sous n’importe quelle forme, d’un territoire libyen. Enfin la « dissociation »  du Liban (août 2011) a rendu possible une déclaration du président du Conseil désapprouvant les atteintes aux droits de l’homme en Syrie pratiquées à une large échelle par le pouvoir ainsi que son usage de la force contre les civils.
Cette notion de « Disassociation » qui dans sa version arabe de « na’î bil nafss » fait couler beaucoup d’encre « a été utilisée pour la première fois par la diplomatie chinoise en 1974 à l’heure où Pékin ne voulait pas prendre partie dans le conflit frontalier irako-iranien. C’est une forme de neutralité. En effet, une déclaration du président du Conseil de sécurité requiert l’unanimité des 15 membres. En optant pour la « dissociation », le Liban a ainsi permis à la déclaration exprimant le consensus international de voir le jour sans devoir formellement s’y rallier ; de même, en s’abstenant  lors du vote du premier projet de résolution concernant la Syrie, la priorité était clairement donnée à l’unité et à la stabilité internes du pays. »
***
          L’entretien avec Nawaf Salam pourrait être infini. Nous avons passé outre bien des détails savoureux qui pourraient jeter des lumières sur les ficelles diplomatiques et les termes propres à la profession. Après tout ne vient-il pas de publier un ouvrage à justification éducative qui veut faire bénéficier les prochaines générations de son expérience et de celle de son équipe ? Mais pour toutes les précisions, il faut se reporter au livre même qu’il vient de faire paraître.
          Pour en revenir à la question posée au début de ce texte, nous pouvons découvrir dans le bilan newyorkais comment des hommes de bonne volonté peuvent transformer une semblance de schizophrénie en tâche à accomplir, en problèmes à résoudre et en pôles à rapprocher par des chaînons intermédiaires, si éloignés qu’ils soient. A la place maintenue et développée du Liban dans les sphères internationales, il faut ajouter aux mérites de notre ambassadeur deux autres vertus: l’action dépensée et inaperçue en faveur de la continuité  de l’État (collaboration avec 3 premiers ministres différents) et le savoir-faire déployé pour veiller à l’unité nationale. Par les temps qui courent, ces vertus sont précieuses et rares

Le Liban au conseil de sécurité 2010-2011 (Lubnân fî majliss al’amn 2010-2011), Sous la direction de Nawaf Salam, Dar al Sâqî, 2013.

Friday, 7 December 2012

LE STYLE TARDIF DE EDWARD SAID A THEODOR ADORNO


Edward Said  écrit : «  C’est la prérogative du style tardif de traduire le désenchantement comme le plaisir sans avoir à résoudre la contradiction qu’ils représentent. » 
Edward W. Said: Du style tardif, Musique et littérature à contre-courant, (On Late Style),  essai traduit de l’américain par M.-V.  Tran Van Khai, Actes sud, 2012.

            Du style tardif, l’ouvrage posthume d’Edward W. Said dont Actes Sud vient de publier la version française, a paru en anglais en 2006. L’auteur américano-palestinien le préparait, pensant y mettre la dernière touche en décembre 2003. Mais sa mort le 25 septembre de la même année des suites d’une longue maladie, qui n’a jamais mis en veilleuse sa créativité, en décida  autrement. Les notions d’ « œuvres tardives » et de « style tardif »  retenaient Said depuis plus de dix ans, et il leur avait consacré articles et séminaire. Il laissait, du coup, pour la postérité « un énorme corpus de matériaux » et non une œuvre achevée. Lecture faite de l’ouvrage, il est indéniable que ce que nous avons entre les mains, quant à la cohérence comme au style, porte sa griffe. On ne peut donc que louer le préfacier Michael Wood, principal maître d’œuvre du livre, pour son travail attentif et scrupuleux.
          Le terme anglais « late », rendu en français par « tardif », couvre un large éventail de significations : tard, en retard, ancien, défunt…Pour Edward Said, qui le puise chez Theodor W. Adorno (1903-1969), théoricien de l’école de Francfort et musicologue qui l’a employé  pour la première fois en 1937 pour parler de la troisième période de Beethoven (« Spätsil Beethovens »),  son usage conceptuel et critique ne saurait se confondre avec le terme dernier ou ultime, les dernières œuvres (Last works) d’un grand auteur, comme A Tempest  et A Winter’s Tale de Shakespeare, Otello et Falstaff de Verdi, pouvant marquer le sommet d’une trajectoire antérieure, un renouveau d’énergie et la pleine harmonie des éléments qui figuraient dans les compositions précédentes.



Edward W. Said
Theodor Adorno



          C’est donc un ensemble de traits qui caractérisent le style tardif. L’auteur, continuant et prolongeant le travail d’Adorno sans s’interdire de marquer parfois sa différence, les dégage de nombre d’œuvres littéraires et musicales. Là réside d’ailleurs un des attraits de l’ouvrage où des compositions de Beethoven, Richard Strauss, Mozart, Britten…sont décryptées avec finesse et pertinence. Said a raison de parler d’une « lacune » marquant désormais la culture générale de notre époque et d’en évoquer quelques unes de ses causes : la place réduite de la musique dans les programmes, le déclin de l’apprentissage individuel d’un instrument (piano ou violon), l’accès difficile à la création musicale contemporaine…Ce manque ne donne que plus d’attrait à un livre qui passe, en jouant, d’un opéra à une nouvelle, d’une partition à un poème, d’un compositeur à un romancier en des termes précis et en prenant la précaution se s’appuyer sur l’avis de critiques compétents, quitte à départager parfois leurs points de vue opposés. L’aspect festif et riche de l’approche vient aussi de l’appel fait par Edward Said  au cinéma et de l’utilisation faite d’interprétations (Glenn Gould a droit à un chapitre) et de mises en scène (Ariane Mnouchkine, Ingmar Bergman…) contemporaines  comme autant de clefs pour accéder à une œuvre ou la décrypter.
          Le style tardif, c’est « un idiome nouveau » par lequel un artiste reconnu, affrontant la dégradation physique et confronté à une mort proche, s’exprime. Son archétype demeure la Missa Solemnis, les 5 dernières sonates pour piano et les 6 derniers quatuors à cordes de Beethoven, œuvres qui saisissaient d’effroi les contemporains les mieux disposés et affichaient le mépris du compositeur pour sa propre continuité. Ce style implique une tension d’où sont absentes « toute harmonie et toute sérénité », une coupure avec l’ordre social et esthétique dominant, un « exil » né de « l’intransigeance » et prenant le parti pris de l’art « par une combinaison particulière de subjectivité et de convention » contre l’abdication devant la réalité. Adorno écrit : « Dans l’histoire de l’art, les œuvres tardives sont les catastrophes». Elles sont l’affirmation de la «totalité perdue » et de la synthèse impossible, le triomphe de l’épisode, du fragment et de la fissure; en elles, cohabitent un retour aux archaïsmes et l’annonce de langages futurs[1].
          Des œuvres tardives comme objet d’études, à l’essayiste Adorno qui en a le mieux caractérisé les aspects, à Edward Said qui enrichit et multiplie brillamment l’enquête dans des conditions de santé désastreuses, l’onde ne fait que se propager. A moins que son chemin ne soit inverse. Said retourne sur Adorno et son œuvre -d’une lecture austère  et arduel’essence  même du tardif : il voit en lui « un commentateur du présent inopportun, scandaleux et même catastrophique…» Il est difficile de ne pas voir Said se profiler derrière le portrait qu’il fait d’Adorno. Après avoir évoqué sa mondanité, sa parfaite urbanité et ses traits brillants, il écrit : « Ces qualités vont de pair avec le style tardif de son œuvre- celui d’un européen cultivé vieillissant, mais encore d’une grande agilité mentale, nullement enclin à une sérénité ascétique, non plus qu’à une maturité exempte de causticité. »
Le livre de Said est de toutes richesses sinon de tout repos. S’il ne convainc pas toujours par son extension excessive du concept de style tardif à des créateurs comme Mozart et Euripide, ses analyses sont toujours d’une palette infinie. L’étude comparée du Gattopardo de Lampedusa et de celui de Visconti, donnant la préférence au roman, est inégalée[2]. Celle des Mort à Venise de Thomas Mann et de Britten est pleine d’enseignements, mais là l’opéra est moins connu que la nouvelle. Et quel bonheur de retrouver à la fin de l’ouvrage, et après bien des pérégrinations, la rigueur de son entrée en matière au soleil automnales de cités tardives telles qu’Alexandrie et Venise.   





         


[1] “L’un des exploits les plus remarquables de Cavafy, c’est d’avoir su rendre les extrêmes de la survivance tardive, de la crise physique, et de l’exil par le biais de situations, et surtout d’un style d’une remarquable inventivité et d’une impassibilité lapidaire.» (p 267). Le propre du poète d’Alexandrie est de de le faire sans Hubris ni emphase.
[2] “Dans Le Guépard, que Visconti prit soin de circonscrire dans les limites de l’héroïque, de l’admirable, et bien sûr de l’opulence, on ne trouve guère de détails qui glisseraient insensiblement vers l’évocation de la destruction et d’une sordide dégénérescence. » (p 209) Burt Lancaster apporte avec lui le passé cinématographique des héros des grandes épopées hollywoodiennes et la scène du bal ne résiste pas à l’attrait du spectaculaire et fait de Palerme un équivalent de Paris.

Thursday, 15 November 2012

الجدلية بين هيغل و ماركس





نبدأ حديثنا بملاحظتين:                                                  
1) تشدد الملاحظة الاولى على دينامية العلاقة بين المفكرَين خصوصا أن هذه العلاقة تمر بعلاقة ماركس مع ذاته أي بمسألتي الاتصال والانقطاع داخل فكر ماركس نفسه:
ما علاقة كتابات ماركس الشاب بكتابات ماركس البالغ؟
متى يبلغ ماركس: في العام 1843 أو في العام 1845 (الأيديولوجية الإلمانية والطروحات عن فويرباخ)، أو في العام 1848 (البيان الشيوعي)، او في العام 1871 (رأس المال)...؟         
يمكن، بشيء من التبسيط، الكلام على ثلاث مراحل في النظرة إلى هذه المسائل انطلاقا من مواقف المفكرين الفرنسيين، ومن دون اهمال ما للأجواءالثقافية الفرنسية  من خصوصية،  وهي التي كانت معنية أكثر من غيرها بهذه الموضوعات نظرا لموقع الماركسية المحوري في الجدل القائم ونظرا للنتائج المرتقبة على الصعيدين السياسي والنضالي:

أ- المرحلة الكوجفية، نسبة الى المفكر الروسي الاصل الكسندر كوجيف[1] الذي اعاد الحياة الى هيغل في ثلاثينات القرن العشرين ساحبا اياه من تحت ركام تعاليم فكتور كوزين التبسيطية. شدد كوجيف على التواصل بين ماركس وهيغل وعلى جدلية السيد والعبد التي تربط بينهما لكن التواصل بين المفكرين ينتج عنده  عن عمليتين:
1) التشديد على فينومينولوجيا الروح (1807)على حساب كتابي هيغل الآخرين:علم المنطق (1812-1816) وموسوعة العلوم الفلسفية(الطبعة الاولى 1817).
2) إظهار هيغلية ماركس عبر تصوير ماركسية هيغل: ماركس هيغلي لأن هيغل ماركسي.
                                                               
ب- المرحلة الألتوسيرية[2] التي سادت في الستينات من القرن الفائت والتي قامت
على القواعد الاتية:
1) فصل ماركس "الماركسي" عن ماركس الشاب واعتبار 1845 (كتاب الأيديولوجية الالمانية)عام القطيعة والكتابات السابقة لهذا التاريخ أيديولجية محضة.
2) التأكيد على تأسيس ماركس لعلم جديد هو علم التاريخ، وعلى قطاع خاص داخل هذا العلم هو قطاع الاقتصاد.
3) التاكيد على أسبقية العلم على الفلسفة داخل الثنائية الماركسية المكوّنة من علم وفلسفة. الفلسفة الماركسية لاحقة بالعلم ككل الانظمة الفلسفية التي ولدت في كنف الثورات العلمية الكبيرة(افلاطون بعد الرياضيات، ديكارت بعد الفيزياء...) الفلسفة تجسد الصراع السياسي على العلوم، والانظمة الفلسفية وجهات نظر طبقية لتملّك العلوم والاستفادة منها "في المستوى الاخير".                                                              
رغم كل ما سبق ورغم تاكيد التوسير، في احد النصوص، أن ماركس لم يكن يوما هيغليا لا في الشباب(كان فويرباخيا) ولا في البلوغ، بقيت مسالة علاقة ماركس بهيغل مطروحة خصوصا ان ماركس كتب في ملحق الطبعة الثانية لرأس المال: "إن التلاعب الذي لحق بالجدلية على يد هيغل لا يمنع كونه أول من عرض بتوسع وادراك اشكال حركتها العامة. رأسها عنده في الاسفل والمطلوب قلبها لاكتشاف النواة العقلية في وسط الغلاف الصوفي."مما يبيّن  السوءال:
-         ما النواة العقلية هذه؟ وما عنصرا الاجابة التي قدمهما ألتوسير وهما أنها "عملية بدون ذات"[3] وأنها لا تحتمل "نفي النفي"، فهما غير كافيين.
                                                                      
ج-المرحلة الحالية، مرحلة ما بعد انهيار الانظمة الاشتراكية التي رأت في الماركسية القاعدة النظرية لدولها.                                               
يمكن الترجيح ان ماركس لم يقل كلمته الاخيرة بعد وانه يمكن ان يستعيد حياته النظرية  بعد انهيار الماركسية وهو الذي لم يعتبر نفسه ماركسيا قط. لكن ما يحصل اليوم هو توسع هيغل الفلسفي وضمور ماركس. فحتى لو تركنا جانبا كتابات هيغل الشاب ومحاضراته عن فلسفة التاريخ والدين ...يبقى هيغل حاضرا بقوة في المناقشات  الفلسفية بمؤلفاته الاساسية الاربع  التي لم تول يوما العناية التي تولاها اليوم: فينومنولوجيا الروح، علم المنطق، موسوعة العلوم الفلسفية، الخطوط الاساسية لفلسفة القانون (1821). واذا استثنينا "فلسفة الطبيعة"التي قام بعرضها في القسم الثاني من  موسوعة العلوم الفلسفية، نرى هيغل اليوم في وسط النقاشات الفلسفية كلها.                     
ويمكن اليوم قلب ما قاله فوكو في امثولته الاولى في الكوليج دو فرانس التي ألقاها، في مطلع السبعينات، تحت العنوان الآتي: نظام المقال[4].قال فوكو: " الفلسفة المعاصرة كلها في مواجهة مع هيغل." أما اليوم، فيمكن القول ان هيغل في مواجهة شاملة مع الفلسفة المعاصرة.
                                                              
2)الملاحظة الثانية استقيها من بيار جان لاباريير[5] مترجم هيغل الى الفرنسية وواضع عدة كتب عنه: "بعد اكثر من 150 عاما على وفاته، لم يصبح هيغل كلاسيكيا بعد. فعلى كنط مثلا، او على غيره من الفلاسفة ممن هم اقرب تاريخيا إلينا، لا يمكن اطلاق الكلام من دون ضوابط. لكن الأمرما زال ممكنا على  هيغل."ويعود ذلك ,في رأيه,الى"أن مهمة تفكيك الرموز لم تتم بعد" في فلسفة هيغل. فالمفاهيم لها معنى خاص في فلسفة هيغل وعدم ادراك هذه المعاني يقود المعلقين لاستباحة هيغل استباحة كلية ونسب أية فكرة إليه، قال بها أم لم يقل.                                     

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بعد هذه المقدمة الطويلة لهذه المداخلة القصيرة، أود ان اكتفي، من جهة، بتناول بعض سمات " الفكرة" (بيغريف) عند هيغل، وبالتعليق، من جهة ثانية، على نص استقيته من كتاب العائلة المقدسة (1843) لماركس وقمت بنقله من الفرنسية إلى العربية.
                                 
يرى هيغل في تصدير الفينومينولوجيا ان "الحركة الذاتية للفكرة هي ما به يتكوّن العلم ". يمكننا انطلاقا من ذلك رسم المراحل الثلاث التي تمر بها الفكرة لبلوغ العلم:
                                              
1)   تنشأ الفكرة بالانقطاع أولاً عن المباشرة ، فتكون بذلك غيبية  لذا هي، في فقرها وتجريدها، "فكرة فكرة "او" فكرة هي فقط فكرة". تنسلخ الفكرة عن الواقع وتصبح كائنا مستقلا لكنها لا تكتنه ما في الواقع من ثراء، وتبقى  دون الملموس اي الواقع في كامل ابعاده.
                                           
2)   تظهر الفكرة لذاتها ظهورا مفارقا وغريبا: ترى الفكرة ما فيها من نقص ولا تتعرف على ذاتها في ما انتجته فتجد نفسها صورة دون ذاتها ودون الواقع والملموس، فيقع السلب في داخلها وتنفي ذاتهامن حيث هي ادراك جزئي.


3)   تعود الفكرة فتتماثل مع مفارقتها لذاتها فتبلغ الكل: "إن الحق هو الكل. ولكن الكل ليس إلا الماهية في تحققها واكتمالها عن طريق نموها. فالمطلق يجب القول عنه انه في جوهره نتيجة، أي هو لا يصير ما هو اياه الا في الختام. في هذه الصيرورة تقوم طبيعته من حيث هو دخول فعلي في الواقع، ذات او انماء لنفسه بنفسه" (الفينومينولوجيا، المقطع ال20[6]). عندئذ تتماهى مع الحق ("المعقول متحقق والمتحقق معقول"، مقدمة الخطوط الكبرى لفلسفة الحق). تصبح الفكرة، في عرف هيغل بعد هذا المخاض،"الفكرة بما هي كذلك"،"الفكرة بما هي فكرة"،  "الفكرة المطلقة".
                                                            
هذا ولإعطاء ما سبق ابعاده،علينا التذكير ان هيغل يميز بين نوعين من النفي:       
أ) "النفي المجرد" او"نفي الشيء".هذا النفي- الذي يشبه عمليات الاعدام ابان مرحلة الارهاب في الثورة الفرنسية – يقضي على ما ينفيه ويبيده. هو "نفي خالص" و"كلية نفي"اي انه نفي ليس فيه ما ينفيه.                                               
ب)"نفي الوعي" الذي لا يقضي على ما ينفيه، بل يلغيه ويبقيه ويتخطاه في آن معا.[7]

                                                                    

بعد هذا العرض البالغ الايجاز لمنهجية نمو الفكرة ودور النفي فيهاعند هيغل، نتناول بالتحليل نصا لماركس - مستقى من كتابه العائلة المقدسة، 1843 - يتناول فيه بالنقد نظرية هيغل السياسية مبرزا خصائص المنهج الهيغلي:                                                       
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يُحِلُ هيغل هنا الوعي بالذات محل الانسان: وهكذا يبدو هنا الواقع الانساني المتعدد الوجوه شكلا محددا من اشكال الوعي بالذات، وواحدا من تحديداته. لكن تحديدا ما للوعي بالذات هو "مقولة خالصة"، "فكرة" خالصة ااستطيع ان ألغيها(          aufheben   ) في " الفكر الخالص "، وأن أتخطاها بالفكر الخالص. في فينومينولوجيا هيغل،                                          
لا تُمس الأسس المادية ، الحسية، الموضوعية لمختلف الصور المستلبة لوعي الانسان بالذات. وينتج عن هذا الكتاب الهدّام فلسفة محافظة تعتقد أنها تخطت العالم الموضوعي، الحركة الحسية الواقعية ، حين حوّلته الى "موضوع فكري"، الى تحديد من تحديدات الوعي بالذات، وحين استطاعت في "اثير المعرفة الخالصة" إذابة الخصم الذي تحول اثيراً. يقود منطق الفينومينولوجيا إلى إبدال كل واقع انساني ب"المعرفة المطلقة": ف"المعرفة "هي الشكل الوحيد الخاص بالوعي بالذات، والوعي بالذات هو النمط الأوحد للوجود الانساني، وهذه المعرفة "مطلقة " لأن الوعي بالذات لا يدرك سوى ذاته ولا يعيقه أي عالم موضوعي. يجعل هيغل من الانسان انسان الوعي بالذات بدل ان يجعل من الوعي بالذات وعي الانسان بالذات، الانسان الواقعي ومن ثم الحي والمتكيف في عالم موضوعي واقعي. يقلب هيغل العالم على رأسه (اي رأسا على عقب) ويستطيع،  من ثم، اذابة كل الحدود ذهنيا مما لا يمنع بقاءها على ما هي عليه للطبيعة الحسية الشقية، للانسان الواقعي...تسعى الفينومينولوجيا إلى اثبات أن الوعي بالذات هو الواقع الوحيد وانه الواقع الكامل.

                                                                 كارل ماركس
                                                        العائلة المقدسة، 1843

يقر ماركس في هذا النص بالطابع" الهدّام " لفينومينولوجيا الروح، وهو بذلك يكيل للكتاب مديحا اذ انه ينظر اليه من باب الثورة والتغيير وهو(أي ماركس) ما زال في اوساط االيسار الهيغلي ولو كان رافضا لمعظم مفكري هذا التيار وناقدا لاذعا لهم ("نقد النقد الناقد"). لكنه الى جانب ذلك يقوم" بتفكيك" الكتاب خارجا بالنتائج الاتية:
1)الوعي بالذات هو المفهوم الاساس في الفينومينولوجيا بما هو قدرة نفي للشيء او الموضوع، ثم للذات . الوعي بالذات اهتزاز محض لا تطاله الشيئية.
2)هذا الوعي بالذات النافي والرافض يحلّ في الفينومينولوجيا محل الانسان الواقعي.
3 ) يصبح الانسان احد تحديدات الوعي بالذات اي ان الواقع يصبح احد مراحل او اشكال الفكرة.
4) مع تحول الانسان الى مقولة فكرية يصبح نقده بالفكر او حذفه بالفكر ممكنا.
5) يتحول فكر هيغل الثوري والهدّام الى فكر محافظ: يلغي التحديدات(أو الواقع المرفوض )في الفكر دون مسّه في الواقع.                                      
6) نقطة الوصول في الفينومينولوجياهي "المعرفة المطلقة" التي ترى في الوعي بالذات الواقع الوحيد والواقع التام.
                                                    
وهكذا يكشف ماركس المثلث الهيغلي:
 أ)الوعي بالذات.
ب)النفي الذي يلغي ويبقي ويتخطى   في الفكر وحده.
 ج) المعرفة المطلقة التي توحّد الذات والموضوع مبقية ومتخطية التحديدات السابقة كلها.
 لكن ماركس  الذي أبدى مقدرة مشهود لها في تفكيك هيغل يُحِلّ مكان المفاهيم  الهيغلية - في هذا النص-  مفاهيم بائسة وفقيرة:" الانسان " و "العالم  الموضوعي "و"الحركة الحسية الواقعية". هذه المفاهيم" الموضوعية" تمزج بين احساسية[8] كوندياك وبيولوجية[9] ديدارو ومثالية  روسو[10](الانسان الطيب) وتشكل تراجعا عن انجازات "المثالية الالمانية" النظرية وتمشي في ركاب فويرباخ الذي تشكل فلسفته "تمنيا فلسفيا أي تفككا نظريا"(التوسير).

يبقى ان نقول ،في الختام،ان ما اخذه ماركس عن هيغل هو"الجدلية (التي هي)في جوهرها ناقدة وثورية"[11].


13/5/2004
*راجع للمؤلف نفسه فارس ساسين وفي نفس الموقع الإلكتروني ASSASSINES  مقال : "ما الفلسفة؟                             ومقال: "هيغل والموت".                                 



[1] Alexandre kojève (1902-1968): Introduction à la lecture de Hegel ; 1947, Gallimard. Les cours réunis par R. Queneau sont de 1933-1939.

[2] Louis Althusser (1918-1990): Pour Marx ; 1965, Maspero ; Lire Le Capital, 1965, 2 tomes, Maspero ;  Lénine et la philosophie  1969; Maspero ;  Réponse à John Lewis 1973; Maspero; Eléments d’autocritique  1974; Hachette.

[3] Althusser in J. Hyppolite :  Hegel et la pensée moderne ; Epiméthée, PUF.
[4] Michel Foucault: L’ordre du discours ; Gallimard.
[5] P.J. Labarrière :  Introduction à une lecture de la Phénoménologie de l’Esprit ; Aubier.
[6]  علم ظهور العقل، ترجمة مصطفى صفوان، دار الطليعة، بيروت، ص 22.
[7] Aufheben, Aufhebung.
[8] Sensualisme de Condillac (1715-1780) in Traité des sensations (1754). .
[9] Biologisme de Diderot (1713-1784). .
[10] Jean-Jacques Rousseau (1712-1788).
[11]  نشرت هذه المداخلة الشفوية بعد تنقيحها في مجلة دراسات جامعية عام 2004.