Saturday, 1 January 1994

AMINE MAALOUF & LE ROCHER DE TANIOS: UNE FORÊT DE PERES

Les Libanais attendaient le retour d’Amine Maalouf au pays natal et, en même temps l’appréhendaient. Leur crainte se nourrissait principalement du retard que mettait l’auteur à rejoindre ses sources, de sa défiance à embrasser une matière trop brûlante. Le rocher de Tanios * et son couronnement par le plus prestigieux des prix littéraires français leur furent, dans une conjecture terne, un grand réconfort et une agréable surprise. Les compatriotes, du moins les lecteurs, ont pris acte des aveux de l’auteur, de son amertume perceptible : « Qui dira jamais, à la suite de quel regard, de quelle parole, de quel ricanement, un homme se découvre soudain étranger au milieu des siens ? » (p.276) Ils ont apprécié les qualités patentes de l’ouvrage : l’effort pour retrouver et respecter une époque historique et la description vivante des mœurs de la Montagne pérenne ; la simplification, sans dénaturation, d’une situation complexe (avec quelle adresse l’auteur a pu sortir du dédale des communautés chrétiennes !) ; le glissement pondéré et rafraîchissant de vocables, d’expressions et de dictons libanais pleins de parfums dans le flot des phrases ; la limpidité du style perpétuellement en quête de couleur et de grain ; le talent de conteur en pleine possession de ses moyens ; l’animation des scènes ; la pudeur suggestive des descriptions…Par delà ces points importants, la réussite indéniable de l’œuvre demeure d’avoir donné vie et créance à un matériel archaïque ou folklorique par une option de facture moderne.
Le récit linéaire est amorti par une polyphonie qui l’épouse, l’agrée, le rend attachant, le découpe, le relance, le met à distance ou le répudie. La pluralité des perspectives se fonde sur la multiplicité des sources : la chronique ancienne d’un moine, « livre étrange, inégal, déroutant » (p.41) ; les éphémérides d’un pasteur anglais ; les carnets d’un muletier ; la tradition orale, elle-même plurielle. Un narrateur appartenant au village des faits relatés, complaisant, naïf et non sans malice se joue des sources et redouble ainsi l’amortissement du récit. Cette double distance (les sources, le narrateur) était nécessaire pour nous faire coller au « conte », à son climat, à ses péripéties.
Avant d’aller plus loin, je voudrais m’arrêter devant deux « trouvailles »nées du flair de l’auteur, de son érudition, de son imagination, deux « trouvailles » qui sans être nécessairement adéquates, n’en reluisent pas moins d’une vérité propre, littéraire, suggestive, plus vraies que nature. La première élabore une théorie des noms : le peuple de la Montagne chrétienne, celui « d’en bas », donnait à ses fils des noms de saints (Boutros, Roukoz, Wakim…), mais les cheikhs appelaient les leurs par des noms issus de la tradition arabe et islamique (Raad, Hosn, Abbas…)
La seconde relate un châtiment par l’hospitalité : pour punir le cheikh et son village, son beau-père et près de six cent personnes de sa suite abusent, en l’étalant sur six semaines, d’une hospitalité qu’on ne peut leur refuser et viennent ainsi à bout « du vert et du sec ». Curieux stratagème, en effet, et qui ne manque pas de projeter une nouvelle stratégie sur le « don » à partir des stratégies qui le subvertissent. A ces trouvailles comme à d’autres moins suggestives ou plus artificielles, Amin assigne des places de choix dans l’économie de son récit. La montagne en sort grandie. L’épisode de l’hospitalité prolongée (« l’été des sauterelles ») montre la délicatesse des équilibres et la sagesse des protagonistes prêts, pour préserver un avenir éternel, à « mordre leurs blessures » et à ne pas déclencher un cycle de haine et de vengeance. La manière par laquelle les gens sont mis sur la voie du vrai père de Tanios (le cheikh propose de le nommer Abbas) et celle par laquelle Tanios est acheminé vers la vérité (la charade du fou Challita : « Tanios Kichk ! Tanios kichk ! Tanios Kichk ! » du nom du plat bien préparé par sa mère et apprécié, politiquement au moins, par le seigneur) révèlent et dissimulent, insinuent plu qu’elles ne disent et revêtent le village libanais du manteau des cours royales et impériales sans lui faire violence.
D’où vient donc le malaise laissé par la lecture de l’ouvrage et non dissipé par l’énumération de ses indéniables qualités ? D’où vient cette déception vague, avare de son nom mais tenace et éprouvée par maint lecteur ? Ces sentiments nous semblent remonter à la cassure d’un récit qui n’arrive pas à trouver son registre, ou plutôt qui refuse à choisir entre deux registres de crainte d’en perdre un. Simplifions et nommons les : le conte et le roman. D’une part, Tanios est de bout en bout un être exceptionnel, un héros de conte. Il naît dans des circonstances énigmatiques et prémonitoires d’une mère hors du commun (« une sorte de princesse ») (p.31) dont le souvenir est perpétué par les dictons et les proverbes. Sa chevelure blanchit prématurément (« vieille tête »), ce qui ouvre la voie à tous les augures, l’inscrit dans une lignée légendaire (p.127) et le sauve de la mort (p.204). Sa disparition est encore plus mystérieuse que sa naissance. D’autre part, et mis à part ce haut fait, par ailleurs attesté par l’histoire, qu’est l’assassinat du patriarche, tout ce qui arrive à notre héros, à son village, à son seigneur, loin d’être singulier, s’inscrit dans des mœurs, une géopolitique et une histoire auxquelles l’auteur est très attentif. Qui plus est, l’énigme, sensée tourmenter le héros et animer sa conduite, est banalisée à l’extrême par le récit.
Lamia, en dépit de sa beauté, n’est pas la seule tentation du cheikh. Tanios n’est pas son unique bâtard comme nous le rappellent Hanna-ouzé et Boulos-ghammé (p.77). La convoitise du cheikh est même partagée par tous les féodaux de la Montagne et le maitre de Kfaryabda dit à son beau-père : « Et je ne t’ai rien fait que tu n’aies fait. Je me suis promené dans ton village, et dans tout ce vaste domaine qui t’appartient, la moitié des enfants te ressemble et l’autre moitié ressemble à tes frères et à tes fils ! » Réalisme et fantastique, roman et conte, merveilleux et histoire coexistent, s’interpénètrent même dans les recoins du récit, mais le cœur de l’œuvre n’arrive pas à se souder dans l’unité d’une forme artistique majeure.
Le personnage de Tanios est-il à l’origine de cette brisure ou en est-il simplement la victime ? Quelle que soit la réponse, sa pusillanimité accuse la cassure. A aucun moment, Tanios ne semble doué d’énergie ou doté d’initiative. Son maître anglais le juge ainsi : « Un immense appétit de connaissance et une intelligence vive, compromis par les soubresauts d’une âme tourmentée ». (p.102) Mais nulle part nous ne voyons à l’œuvre cet appétit et cette intelligence. Même son éducation chez le révérend Stolton ne semble pas lui avoir bénéficié : à l’exception de la traduction de la lettre des puissances à l’émir, élément extérieur à la trame du personnage, on n’en voit pas la trace ni à Chypre, ni au Liban. Tanios « avait…une douceur un peu féminine » (p.131). En fait, c’est un être passif et réactif. Dans des circonstances déterminées il proteste, mais pour pousser à l’action quelqu’un d’autre. Quand on veut l’enlever du collège, il fait une grève de la faim et sa tante, la khourriyyé agit et sauve la situation : « Tanios avait obtenu, par une ébauche de mort, une ébauche de paradis » (p.129). Quand le patriarche détourne sa médiation au profit de son neveu, c’est le père de Tanios qui se précipite pour l’assassiner de peur que son fils ne « se tue ». La géorgienne Thamar le conduit dans sa chambre. Son désir de venger son père ne donne lieu à aucun plan et ne va jamais au-delà du vague souhait. Mandaté par les Puissances auprès de l’émir, il est facilement manipulé par son directeur de police. Le « passage » par Tanios du déclenchement de la guerre civile ne peut lui être totalement imputé. Mais nous pouvons affirmer qu’il n’a pu l’empêcher. Suivant les paroles du cheikh, il aurait « manqué de sagesse et de fermeté », mais non de « courage »(1) (p.272). La disparition finale n’est donc que le point extrême d’une existence caractérisée par l’absence et la démission.
- 4 -
Nous nous trouvons donc devant un Hamlet sans dimension tragique, sans la magie du verbe shakespearien (malgré les tentatives de Tanios en italique), un prince d’Elseneur incapable de ces virevoltes qui le font passer de la paralysie méditative à l’action précipitée. Comment « l’âme tourmentée », dont la vie interne nous reste cachée, vient-elle à bout de l’intelligence et de l’énergie du personnage principal et lui ôte-t-elle toute envergure et toute consistance ? ce qui est à noter, c’est la forêt de pères au milieu de laquelle se déplace le héros. Le cheikh – la figure la mieux brossée et la plus vivante du récit – est le père archétype qui nomme tous ses sujets « yabné » et fait régner un « paternalisme intégral… survivance d’un âge primordial d’enfance et d’innocence » (p.22). Gérios le père patronymique dont le forfait lui fait mériter le cri « Bayyé », « il avait dû se transformer en assassin pour mériter d’entendre à nouveau ce mot » (p.127). Le père –pasteur Stolton fait de Tanios « le fils de la maison » (p.131) et lui procure sa mission triomphale près de l’Émir. Le père-beau père Roukoz est l’alter ego de Gérios : il a rempli les mêmes fonctions mais a refusé la servilité et la honte des cornes ; son insoumission ne vaut d’ailleurs pas mieux que l’obséquiosité de Gérios : sa laideur, son diwan vide, ses choix politiques douteux…contrebalancent amplement sa richesse et sa révolte. Bouna Boutros, le père religieux, toujours présent par ses conseils et son bon sens. L’Émir, père archétype, dans le palais duquel Tanios est heureux de ne pas être considéré « comme un fils de condamné »( !) (244) et qui améliore son sort (le choix de son lieu d’exil) par ces mots adressés au fils de Gérios trompé et assassiné : « Dis un mot, mon fils ! »(249). C’est l’Émir qui, au sommet de sa puissance, prononce la sentence qui réserve le châtiment uniquement à Gérios et Raad. Ces mots sont alors laconiques et féroces [« un père et un fils » (208)] comme si le lien de filiation n’avait cure des êtres qui s’y inscrivent.
Tanios se fait des pères encore plus que le Cheikh ne fait d’enfants, pères protecteurs et respectés dont la panoplie vient émousser toute dimension prométhéenne chez le héros. Face à ces pères, que valent les fils ? Raad l’inepte, uniquement préoccupé de la considération due à son nom et férocement broyé par le pouvoir établi ? Tanios le réactif ? Seul Kahtane Beyk se révèle à la hauteur de la tâche : il est sûr de ses droits, a décidé la vengeance et n’est pas dénué de sagesse(257). Est-ce parce qu’il est aux franges du récit et sert à mieux mettre en lumière l’indécision de Tanios ? Est-ce parce qu’il est féodal fils de féodal alors que Tanios est roturier batârd de féodal ? Est-ce parce qu’il est druse et soumis à la pression des siens ? (2) Est-ce parce qu’il est l’instrument de coutumes ancestrales (la vengeance) qui ne se remettent pas en question ? Aucune réponse n’est à exclure.
-5-
Dans ce monde de filiation réelle ou supposée, vraie ou nominale, légitime ou illégitime, mais universellement ombrageante, la relation horizontale d’égal à égal est denrée rare. La seule personne avec laquelle Tanios entretient une liaison amicale s’appelle justement Nader (=rare). Ce muletier est attaché aux idéaux de la littérature française ; il s’écrie : « Abolition des privilèges ! » (220) quand il aurait pu dire : « Liberté, Égalité, Fraternité ! » ; mais il se trompe lourdement sur la signification des événements locaux et est l’objet d’une réprobation générale. Si ses allées et venues ne cessent de harceler un récit dont il n’est qu’aux marges, le principal conseil qu’il donne à son « ami » est de quitter le village (276). Quand la fraternité apparaît dans le texte, elle est ravalée au second rang ou sert à qualifier une situation répréhensible. « Depuis que je t’ai connu, Saïd beyk, le mot voisin est plus agréable à mes oreilles que le mot frère »(91). Roukoz présente ainsi les officiers du Vice-roi d’Égypte à son « propre fils » : « des frères et encore mieux que des frères »(142), ce qui permet au pasteur anglais d’ironiser : « Rien de moins qu’une réunion de famille » (ibidem). Gérios, toutefois, avant d’être appelé père par Tanios, a droit de la part du féodal à un « Khayyé » qu’il reçoit pieusement : « ‘Khayyé, avait-il dit ?’ Mon frère ? L’intendant eut deux larmes de contentement… » (165). La sororité semble mieux seoir aux royaumes des femmes. D’une part, Lamia, souvent absente de l’action, a une sœur, la khourriyyé, le personnage le plus entreprenant du livre et l’un des mieux campés après le cheikh ; de l’autre, toutes les femmes du village, quelles que soient leur jalousie, « lui parlaient comme à une sœur. Même la cheikha lui témoignait de l’amitié… » (31).
* * *
«Il ressemblait à Lamia comme s’il était né d’elle seule » (131). Le rêve d’être issu de sa seule mère, mère incomparable, unique, au dessus de tous les hommes et au-delà de tous les clivages, a été caressé pour Tanios. Mais, dans la réalité, le héros ploie sous le poids des pères et n’arrive pas, dans un monde de fraternité difficile, à échapper à leur multitude, à leur modèle unique, à leur ombre portée. La disparition est l’alternative magique. Que l’absence définitive soit liée non à son symbole habituel, l’eau, mais à un rocher, signe d’endurance et de résistance, est l’effet d’une tension toujours vive.
-6-
En installant son « roman familial » propre dans une intrigue historique, Amin Maalouf, au prix d’une brisure du récit et d’un héros pusillanime, a-t-il mis le doigt sur le roman familial libanais ? A-t-il touché les raisons de la paralysie de tout jeune libanais féru de renouvellement social, attaché à sa propre intégrité, mais incapable de prendre sur lui sa destinée et de l’assumer ? Avons-nous trop de pères, un père anglais, un père français, un père local, des caricatures serviles ou révoltées de ce père, un père religieux, un père par alliance, un père de la tribu voisine, un père gouverneur… ? Comptons-nous sur des pères pour combattre d’autres pères ? Les Libanais ont-ils en Tanios le Hamlet qu’ils méritent ?
Ce qui est certain, c’est qu’Amine Maalouf a écrit, sous les dehors d’un best-seller, une œuvre profondément trouble et troublante.
NOTES
* Éditions Grasset, Paris, 1993. Les chiffres renvoient aux pages de cette édition.
(1) Le plus haut fait d’armes de Tanios est rapporté ainsi par le cheikh : « Sachez que pour se tenir face à l’Émir et lui notifier sa destitution et son bannissement, il faut cent fois plus de courage que pour faire trancher la gorge à un homme ligoté. » (272). La comparaison est évidemment très ambiguë. Mais nous savons que Tanios ne remplit un tel rôle que mandaté par les Puissances victorieuses et manipulé par l’Émir et son chef de police.
(2) Kahtane beyk : « Si je lui pardonnais moi-même, mes frères et mes cousins ne lui pardonneraient pas, et m’en voudraient à mort pour ma complaisance. »(257)

Saturday, 30 January 1988

NAWAF SALAM TOPOGRAPHE DES GUERRES DU LIBAN

VERS UNE TOPOGRAPHIE DES GUERRES DU LIBAN: RAISON ET COMPARAISON

Nawaf Salam : Mythes et Politiques au Liban, Editions FMA, 1988.

Sous un titre alléchant qui n’est pas sans rappeler les ouvrages pionniers de J.P. Vernant sur la Grèce antique (les pluriels sont là pour indiquer l’empirisme et la modestie de la démarche), Nawaf Salam, à qui l’on doit sur l’insurrection de 1958 un très vaste corpus et l’une des plus volumineuses thèses jamais soutenues en Sorbonne (1) , vient de rassembler dans un élégant petit fascicule trois courts essais pensés et écrits en 1979-1981. Les deux premiers portent sur les débuts de « la guerre civile libanaise » (« la thèse du complot : mythes et fonctions », « la guerre civile en 1975-1976 : lecture dans le miroir des mémoires »), le dernier sur « l’insurrection de 1958 revue et corrigée par marxistes et modernistes ». Nous reviendrons sur les arêtes de ce triptyque.
Les enjeux sont, d’emblée, définis et ils sont doubles, sinon contradictoires ; il s’agit de mener de front un double combat, de reconnaître l’impact social des mythes politiques du Liban contemporain tout en dénonçant leur contenu, bref d’être à la fois politologue et polémiste.
Mythes, « idéologie », « interprétations », « perceptions », imaginaire, vécu : les termes importent peu à Salam et il va droit à la chose, faisant fi des interminables débats sur la pertinence de la notion d’idéologie. Le mythe n’est pas un échafaudage cynique ni une construction menteuse. Il ne s’oppose pas à la réalité comme son Autre, non seulement il y puise ses éléments et s’appuie sur des « réalités irréfutables » (p. 73), mais il est lui-même une réalité avec laquelle toute politique doit compter et que toute science sociale doit interroger. Toutefois, les éléments d’un mythe et sa pesanteur ne font qu’acheminer vers son épaisseur propre. Il reste « une construction de l’imaginaire » faisant fonctionner « ses propres schèmes interprétatifs, ses fixations et ses fantasmes » (p.70). Dans un contexte auquel il répond, le mythe mobilise, fait voir, fait agir et fait vivre. En tant que tel, il est incontournable et nous devons évaluer ses racines, définir son pourtour social et distribuer son économie interne. Mais l’auteur soucieux de Vérité et d’Avenir se doit de le réfuter pour sortir de « l’espace conflictuel des perceptions » (p. 59) où des acteurs voyants et aveugles se complaisent depuis plus de douze ans et pour commencer à dessiner la « topographie » (l’expression revient à deux reprises pp. 43 et 59) de ce que l’auteur appelle, d’une manière un peu rapide et unilatérale, sans doute, « la guerre civile libanaise ».
Flèches et sarcasmes
A partir de là, nous pouvons comprendre le plan de l’ouvrage ou l’ordre des articles, diptyque ou triptyque selon qu’on l’envisage. Salam part d’un mythe déterminé (le complot) tel que s’en sont multipliées les versions durant les premières années de la guerre pour l’insérer dans un contexte plus global, la totalité du Vécu où se jouent les notions de Soi, de l’Autre et de l’Histoire…ainsi que les dévoile une série de mémoires politique parus en 1977-1978 ( Crise au Liban de C. Chamoun, Pour le Liban de K. Joumblatt et Palestiniens sans patrie d’Abou Iyad). Notons, en passant, et cela Salam le montre avec finesse, que ces trois vieux routiers, qu’on pourrait penser se jouant de l’Idéologie plutôt que d’en être les jouets, ne peuvent inscrire leur action pragmatique que dans un moule mythique prédéterminé ( la sauvegarde d’une entité libanaise à prédominance chrétienne pour Chamoun, la restructuration d’une autonomie libanaise mieux insérée dans le Monde arabe au bénéfice des druzes pour Joumblatt, et l’autonomie absolue de l’action palestinienne pour Abou Iyad).
Le troisième essai opère un double retour en arrière puisqu’il se préoccupe de l’insurrection de 1958 et qu’il passe au crible des analyses que l’actuelle guerre a vite fait d’enterrer, celles des marxistes et des évolutionnistes soucieux de classes sociales et de « modernisation ». A notre avis, l’auteur a bien fait de garder cette contribution pour la fin du volume : elle lui permet d’affronter les « intellectuels » après avoir étudié les politiciens et les politiciens-ideologues (les mémorialistes). La morale est claire : il ne suffit pas de sortir du Vécu pour pénétrer dans la « science ». de nombreux universitaires occidentaux, aussi bien soviétiques qu’américains (Hudson, Hottinger …), et leurs adeptes libanais (des marxistes à Elie Adib Salem) se sont lourdement trompés sur la réalité libanaise, et Salam leur décoche à cœur joie ses flèches et ses sarcasmes. Il nous semble toutefois être un peu injuste pour le groupe Lubnan al – Ishtiraki qui parait totalement décalé des réalités avec son « mode de production des services » (p. 92) là ou il fallait lire « mode de production capitaliste des services », notion dont des sociologues de tout bord ont depuis usé et abusé.
Bien que le projet en soit tentant, il ne saurait être question pour nous de résumer ici un ouvrage à la fois mince et foisonnant, et dont la lecture est recommandable à plus d’un titre. Nous nous contenterons seulement de souligner ce qui fait à la fois se force et sa faiblesse.
Triple force
La voie royale empruntée par l’auteur pour atteindre ses objectifs nous semble être la comparaison et le tableau synoptique. Tel est le fil méthodologique qui relie les trois essais contenus dans l’ouvrage. Il s’agit de montrer, à partir d’un sujet déterminé (le complot ou l’insurrection de 1958) ou de forme définie (les mémoires politiques) le jeu des séparations et des confluences mythiques et mythico-scientifiques. Une telle méthode nous semble douée d’une triple force :
(1) En comparant des productions idéologiques, elle met sur le même plan l’imaginaire des diverses communautés et forces politiques et montre par là que le mythe est « la chose du monde la mieux partagée » dans l’univers politique libanais. Naguère encore, un opuscule de Kaslik (le numéro 12 de la série arabe « la question libanaise » publié juin 1976, pp. 31-32) s’excluant de l’arabisme, accusait la langue arabe, où le sujet du verbe est parfois implicite, d’être responsable de « la morbidité de la raison arabe » qui tend à diluer les responsabilités en évoquant « le complot, le plan, le sionisme ». Or il suffit de livre le premier essai de Salam pour voir comment les forces politiques de tout bord ont crié au complot en 1975-1976. La comparaison se révèle ici la voie obligée de la raison.
(2) Après avoir mis sur un même plan tous les mythes politiques, la méthode: comparative cherche à faire ressortir les mécanismes communs qui président à leurs options et classifications. Là aussi, elle décèle sous les différences tapageuses des ressemblances muettes.
(3) La méthode comparative opère parfois des rapprochements inattendus et met en lumière des confluences surprenantes. Nous sommes ainsi étonnés d’apprendre, par exemple, qu’une même grille de lecture ait servi aux marxistes libanais et aux évolutionnistes américains pour décrypter « la crise » de 1958 : celle-ci serait due à la discordance entre modernisme et rapports traditionnels (pp 91-102). Ce troisième point n’a peut être pas une valeur scientifique pure ou certaine, il n’en reste pas moins une garantie de l’intérêt de la vivacité et de la pertinence de la recherche.
Toutefois, la méthode comparative, telle qu’elle est employée, nous semble grevée de deux faiblesses :
(1) Elle risque, dans son ardeur taxinomique, de faire prévaloir les traits formels sur la pesanteur sociale et de ranger dans une même rubrique des mythes de structure semblable mais nés de forces sociales différentes, dans des contextes différents. La fonction de « communisme international » dans le discours de Pierre Gemayel est, par exemple, différente de celle du maronitisme dans celle de Kamal Joumblatt même si l’accusation de complot est la même dans deux cas.
(2) Le comparatiste donne souvent l’impression d’un collectionneur de pierres de silex qu’il déterre, polit, classifie et série pour les exhiber dans vitrine où elles sont bien exposées, mais empêchées de produire des étincelles. On ne peut reprocher au comparatiste de ne pas expliquer ce qu’il montre : tel n’est pas son but. Mais on est en droit de lui demander de ne pas trop laisser séparés les éléments qu’il ne confronte qu’extérieurement ou peut- être qu’il ne confronte pas assez.
Cela dit, il faut rendre justice aux tentatives de l’auteur de pallier les défauts de sa méthode. L’essai sur le complot où Salam ne néglige aucun élément pour bien circonscrire son sujet - des croyances préislamiques aux djinns à l’exigence de rationalité que comporte l’idée de complot en passant par l’importance accordée à l’absence de climat démocratique dans des accusations de conjuration trop facilement portées (pour ne citer que ces trois éléments) - demeure un exemple de probité intellectuelle. Nous saluerons, enfin, la maturité avec laquelle un intellectuel arabe traite du problème de l’antisémitisme, qui n’y est pas allé de main morte dans la fabrication des mythes, et qui est devenu lui-même un grand mythe.
1) «L’insurrection de 1958 au Liban », thèse soutenue à Paris – Sorbonne sous la direction de professeur Dominique Chevallier, 1979(six tomes ronéotypés).
L’Orient – Le Jour
Samedi 30/1/1988

Friday, 7 March 1980

الكلمة الدخيلة: ايديولوجيا







عبدالله العروي: مفهوم الايديولوجيا، الأدلوجة، دار الفارابي، بيروت، المركز الثقافي العربي الدار البيضاء، 1980، 142 صفحة.

يحتل مفهوم الايديولوجيا موقعاً مهماً في الفكر المعاصر. وقد نجم عن هذا الموقع المركزي استخدام عشوائي افقده كل تحديد دقيق، وكل استعمال صارم. والمفهوم بحد ذاته يطرح عدداً كبيراً من التساؤلات لا يسهل دوماً الاجابة عنها. أدى هذا الوضع الى تكاثر عدد المؤلفات التي تعالج مسألة الايديولوجيا وعلاقاتها بالمفاهيم الاخرى مثل اللغة والتاريخ والطبقات والدولة والفكر الخرافي والعلم ... وقلما يمر عام دون أن نرى كتباً جديدة في هذا الموضوع ومقالات تعالجه في جانب من جوانبه.
وليس عبد الله العروي بغريب عن هذا المفهوم فقد سبق له أن استخدمه في مؤلفه الايديولوجية العربية المعاصرة (1) والانتقال من دراسة الايديولوجيات السائدة في العالم العربي الى دراسة مفهوم الاديولوجيا المجرد خطوة طبيعية وضرورية. وهذا  الكتيب "الادلوجة" يوسع محاضرة  ألقيت في كلية الاداب بالرباط  و" يبسطها".
عمّت كلمة ايديولوجيا وانتشرت لذا لا يبحث العروي عن بديل عربي لها رغم تأكيده اقتراب لفظة "الدعوة" في الاستعمال الباطني من فحواها. الكلمة" دخيلة على جميع اللغات الحية" (2) بما في ذلك لغتها الاصلية الفرنسية إذ عادت إليها من المانيا بمضمون آخر مختلف عن المضمون الاصلي الوارد عند كابانيس ودستوت دي تراسي... يقترح العروي تعريب الكلمة كلياً وادخالها في قوالب الصرف واستعمال كلمة ادلوجة وتصريفها بحسب قواعد العربية. إن كلمة ادلوجة أسهل لفظاً واعتماد مشتقاتها يتيح استخدام العديد من المفاهيم لكنها توحي، نظراً الى وزن افعولة الذي تعتمده والذي يستخدم عادة للتصغير (مثلاً: أكذوبة)، أنها تشير الى المقطع الايديولوجي الادنى (ايديولوجيم) اي ما يقابل الفونيم في علم اللفظ والمونيم في علم الدلالة. ويطلق العروي اسم ادلوجياء (3) على نظرية الادلوجة كما  سنرى ذلك لاحقاً.
تهدف الدراسة بشكل رئيسي الى بلورة المفهوم والى تنظيم استعماله والى ربطه بالمنظومات الفكرية التي صدر عنها: "إن أحد اهداف هذا البحث، بل الهدف الأساسي منه، هو التوصل الى قاعدة لاستعمال مفهوم الادلوجة بكيفية مرضية".(4)  وينهي المؤلف دراسته بتكرار الهدف الذي سعى الى تحقيقه: "ادخال شيء من النظام في ميدان كثر فيه الخلط" (127): فتداخل التحديدات منتشر في الفكر الغربي وهو "أكثر استفحالا عند الكتاب العرب".
يعود تشابك الافكار داخل مفهوم الايديولوجيا الى طبيعة هذا المفهوم الخاصة فهو "مفهوم اجتماعي تاريخي ويالتالي يحمل في ذاته آثار تطورات وصراعات ومناظرات اجتماعية وسياسية عديدة".(5)
إن ماركس هو الذي طبع هذا المفهوم بطابعه الخاص وأعطاه الاهمية التي ما زالت له الى اليوم في ميادين البحوث الاجتماعية(29). لكن مانهايم هو الذي نشر الكلمة خارج الاوساط الماركسية وجعل منها "المفهوم المحوري" (46) في علم السياسة واجتماعيات الثقافة. ودراسة "التفكير الأدلوجي"دون الالتفات الى المضمون "لم  تظهر إلا في نطاق العلم الوضعي الحديث وبالضبط في أواخر القرن التاسع عشر"(108).
يقود تعدد استخدامات عبارة الايديولوجيا  العروي الى إدراجها في أطر ثلاثة. الاطار الاول هو"الادلوجة القناع" ويحشر العروي في هذا الاطار كلا من ماركس (ومانهايم الذي يعمم النقد الماركسي على الماركسية ذاتها فيجعل منها ايديولوجية بين الايديولوجيات) ونيتشه وفرويد . ثمة حاجز يمنع رؤية الواقع الاجتماعي والكائن الطبيعي كما هما. وهذا الحاجز هو الانتماء الطبقي عند ماركس وحقد المستضعفين عند نيتشه والرغبة عند فرويد. الاطار الثاني هو "الادلوجة –النظرة الكونية" التي تميز حقبة من حقبات التاريخ. ورث ماركس هذا المفهوم عن هيغل والفلسفة الالمانية لكنه فك ارتباطه بتطور العقل المطلق وقيّده ببنية الانتاج المادي التي تتيح للمجتمع الاستمرار والنمو. اما ماكس فيبر ، فقد سار على خطى الاجتماعيات الالمانية نحو النسبية: رفض ربط الذهنيات بالقاعدة المادية مؤكداً ان القيمة تنتج عن قيمة لا عن واقعة والغى المطابقة التلقائية بين الواقعة التاريخية وإدراكها في ابحاث المؤرخ. يبني المؤرخ نموذجاُ ذهنياً ثم يربطه "بعلاقة تفهيمية" بنموذج آخر ربطاً يبقى في حيز الظني والممكن. ويمسك اخيراً عن الحكم على القيم المحورية التي شيدت عليها النماذج الذهنية.
ينقلنا الاطار الثالث والاخير  من ميدان العلوم الاجتماعية إلى ميدان الفلسفة ومن مستوى الادلوجة الى مستوى الادلوجياء التي تهدف الى تمييز الايديولوجياعن العلم: "إنها في الواقع علم العلوم أو مجموع الشروط العلمية" (84). كل نظرية عن الايديولوجيا تفترض نظرية عن العلم. المعرفة العلمية عند ماركس تمتاز بالشمولية وبالتشديد على التطور التاريخي وبالتأكيد على عقلانيتها وبضمان البروليتاريا لها اي الطبقة التي "لها وحدها مصلحة بديهية في معرفة الحقيقة وعدم الاكتفاء بعلوم الظاهرات كما تفعل الطبقات الاخرى" (85) .
تتعدد استعمالات مفهوم الايديولوجيا لكن ثمة سمة مشتركة تجمع كل الاستخدامات وتوحدها: "إن مفهوم الادلوجة دائما مزدوج فهو في نفس الوقت وصفي ونقدي يستلزم دائماً مستويين: المستوى الذي تقف عنده الادلوجة حيث تظن انها حقيقة مطابقة للواقع... والمستوى الثاني هو الذي يقف عنده الباحث عندما يحكم على الادلوجة انها ادلوجة لا تعكس الواقع على وجهه الصحيح" (81).. "في هذه الاستعمالات الخمسة تتغاير التعابير.. وتختلف المطلقات التي تميز الادلوجة عن الحق... لكننا نلاحظ فيها تشابهاً بنيوياً. كل استعمال يفرق بين الظاهر والخفي، بين الملموس والحقيقي، بين الوجود والقيمة، ويحدد بالتالي الادلوجة انطلاقاً من الحق الثابت، فيرفع قناع الادلوجة عن الحقيقة الباطنية" (104).
عيّن المؤلف وحدة مفهوم الايديولوجية وتعدد مصادره واستخدامه فهل حقق كلياً الهدف الذي سعى اليه؟ ليست مطالعة الكتاب شائقة والعديد من الصفحات يفتقد الى الوضوح. تقديم هيغل مبهم ومغرق في العموميات. تقديم فرويد مبسط الى حد التشويه(4). تصميم الكتاب وتوزيع نظرية ماركس المحورية على جميع الفصول غير مقنع ولا يساعد على ايضاح المفهوم. لكننا لن نتوقف عند هذه المسائل التفصيلية على اهميتها. نفضل أن نبدي  عدداً من الملاحظات تساعد على وضع مفهوم الايديولوجية في إطار صحيح.
إن ما يفقد مفهوماً ما جدواه في الابحاث العلمية اتساعه وشموله. وليس لمفهوم  الايديولوجيا كما يعرضه العروي أي حدود واضحة. فهو يشمل جميع الممارسات الفكرية ومن ثم الجزء الاكبر من الحضارات الانسانية: الأديان، الخرافات، العقائد  السياسية، الأنظمة الفلسفية، الأمثال الشعبية... العلم نفسه الذي يحدد الايديولوجيا بتمايزه عنها يغرق احيانا في خضم الايديولوجيات(5). ولما كان الفصل بين الماديات والذهنيات امراً صعباً(6) اصبحت الايديولوجيا الميدان التاريخي بمجمله. فما هي اذاُ جدوى هذا المفهوم في الأبحاث الاجتماعية؟ اذا كانت الايديولوجيا تشمل كل شيء فلا شيء يميزها وكل عنصر من عناصرها يحتاج الى تعيين  طبيعته ودوره وفعاليته(7). إن دراسة العروي تندرج في ميدان تاريخ الافكار لا في ميدان منهجيات علوم الاجتماع.
تقودنا هذه الملاحظة الحاسمة الى سمة اخرى من سمات الايديولوجية في محاضرة العروي. إن مفهوم"الادلوجة" كما يعرضه هو مفهوم "مثالي" أو هوائي. فالمؤلف يعالج المسألة من زاوية المحتوى فقط دون أن يعير أي اهتمام لجذور الايدولوجيا الاجتماعية ولدورها في المجتمع: ما هي علاقتها بسائر المستويات الاجتماعية؟ ما هو موقعها من جهاز الدولة؟ ما هي علاقتها بالفئات التي تنتجها (المثقفون)؟ إن هذه المسائل محورية اليوم في كل بحث تاريخي وهي تفسر وجود ثغرة اساسية في عرض العروي: غياب غرامشي (8) ولم يرد ذكر هذه المسائل خلال العرض المشتت لنظرية ألتوسير إلا ضمن اطار محتوى المفهوم الذي يقوم بتحويل "الافراد الى ذوات". ولا يشذ كتاب العروي الاخير عن الخط الذي اعتمده المؤلف في كتاب الايديولوجية العربية المعاصرة الذي صنف فيه الايديولوجيات انطلاقاً من محتواها وخصوصاً من وعيها للغرب مشيراً اشارات عابرة الى مواقع المثقفين في المجتمعات العربية(9).
الملاحظة الأخيرة التي نريد أن نبديها ذات طابع فلسفي ولا تطول العروي وحده وانما تياراً عاماً تشكل الماركسية احد ابرز وجوهه وتنخرط رؤية العروي كلياً فيه. أظهر المؤلف أن وحدة مفهوم الايديولوجيا خلال جميع استخداماته تكمن في ازدواجيته: الايديوبوجية رؤية مغايرة لواقع ينعكس في الحق والعلم. إنعكاس الواقع في الذهن هو القاعدة البديهية والطبيعية والادلوجياء هي "دراسة الاسباب التي تمنع الذهن البشري من عكس مباشر لبنية الاشياء"(ص.79). ومفهوم "الادلوجة" هو ايضاً مفهوم بديهي وطبيعي وضروري حالت اعراض تاريخية دون ظهوره في الفلسفة الاغريقية والمذاهب الإسلامية: "لم يصل (الغزالي) الى تمثل مفهوم الادلوجة بسبب فرضية الشيطان التي كانت تمدّه بتفسير جاهز للاعوجاج الفكري" (ص.22). " اذا امعنا النظر في المواقف الثلاثة، مواقف الأفلاطونية والغزالية وفلسفة الأنوار، وفي الموانع التي أوصدت دونها باب اكتشاف مفهوم الادلوجة، ندرك أن ما كان ينقصها جميعها هو فهم صحيح لمعنى المجتمع ولمعنى التاريخ"(ص.25). وكما يجد العروي مفهوم "الادلوجة" قبل "الادلوجة"، فكذلك يسقطه اسقاطاً على مفكرين يؤدي نظامهم الفكري الى رفضه أمثال نيتشه:" بيد أن ما يهمنا في نظرية نيتشه هو جانبها المنهجي... الادلوجة عند ماركس قانون يخفي تقدم التاريخ وعند نيتشه ستار يبعد عن الحياة"(10).
لا ريب أن العروي محق حين يظهر الجذور القديمة لمفهوم  الايديولوجيا وعمق صلته بمجمل التراث الفكري الغربي منذ افلاطون. لكن قِدم المفهوم لا يعني ابداً بديهيته بل إن ازدواجيته تظهر بوضوح قيامه على عدد من المفاهيم والافتراضات سادت طويلاً وما تزال لكنها قابلة للنقد: ثنائية الكائن والمعرفة، تحديد العلم على انه انعكاس الكائن في المعرفة، اعتبار الحقيقة الموقف الاولي والطبيعي والايديولوجية الشواذ المطلوب تفسيره، ثنائية البنية التحتية والبنية الفوقية... ليس هنا المكان الصالح للقيام بمثل هذه الدراسة. غير ان محاولة العروي في كتابه شبيهة بعمل مسح طوبوغرافي لظهر سفينة يدخلها الماء من كل جانب وقد شارفت على الغرق.
ولا يشكل انقاذ هذه السفينة في رأينا ضرورة انسانية أو قومية مما يحثنا على مراجعة مفهوم "الماركسية الموضوعية" الذي دعا إليه العروي في مؤلفاته السابقة(11).



(*) تشير الى الارقام السوداء الكبيرة الى صفحات الكتاب.

(1) الطبعة الاولى بالفرنسية في باريس عام 1976 والطبعة الاولى بالعربية في بيروت عام 1970. يستخدم العروي هذا المفهوم في مؤلف آخر العرب والفكر التاريخي صدر في بيروت عام 1973.
(2)  ص.9.
 (3) ص ص10،79،84،109.
(4) "يقول فرويد أن منتجات العقل تبريرات خلقها الانسان المتمدن لمعارضة دفع الرغبة الجارف ويعلل قوله استناداً الى طبيعة الانسان الحيوانية" (!!!)(ص.43)
(5) " إن الفرق في الواقع لا يمس العلم والادلوجة لان العلم المكوّن قد يصبح ادلوجة والادلوجة تقدم ذاتها كعلم" (ص.107-108).
(6) " لكن فيبر كشف عن حقيقة لا يمكن نفيها وهي أن التمييز بين الماديات والذهنيات في مستوى اجتماعيات الثقافة غير ممكن"...(ص72)
(7) يقول المؤرخ بول فين: "من الجيد أن نكرر ان الايديولوجيا تقوي العلاقات الاجتماعية الفعلية ولكن من الافضل ان نحدد ما اذا كانت الايديولوجيا التي نتحدث عنها مثلا شعبياً او ثرثرة اكاديمية او نظرية يفرضها جهاز الدولة، ففعالية كل واقعة من هذه الوقائع مختلفة عن فعالية الاخرى"Paul Veyne: Le Pain et le cirque, Paris, 1976, pp.670-671.
حول المشاكل التي تعترض إي تحديد لمفهوم الايديولوجيا راجع مقدمة Paul Bachler. Qu’est ce que l’idéologie? Paris -1976 .pp.11-22
(8) يرد اسم غرامشي مرة واحدة في الكتاب (ص.92) في عداد اتباع لوكاش.
(9) هذا ما نبه اليه رودنسون في مقدمة الطبعة الفرنسية صxii:(الطبعة العربية الاولى .ص.12)
(10) يحول العروي مفاهيم نيتشه الفلسفية الى مفاهيم بيولوجية وتاريخية  مستفيداً من بعض الصيغ التي لا تشكل سوى "نقاط الانطلاق الظاهرة" لفلسفة نيتشه. راجع:
Jean Granier : le problème de la vérité dans la philosophie de Nietzsche, Paris, 1966, pp.395-410.
حول هدم نيتشه لمفهوم الايديولوجية راجع مقال بول فين:
Paul Veyne:”l’idéologie chez Marx et chez Nietzsche” Diogène, no99, 1977, pp.93-115
(11) "إن الامة العربية محتاجة في ظروفها الحالية الى تلك الماركسية بالذات لتكوّن نخبة مثقفة قادرة على تحديثها ثقافياً واقتصادياً وسياسياً ثم بعد تشييد القاعدة الاقتصادية يتقوى الفكر العصري ويغذي نفه بنفسه". (العرب والفكر التاريخي، ص. 31)

                                     قراءات، العدد صفر، بيروت، 1980






Monday, 20 August 1979

MICHEL FOUCAULT 1979


ميشال فوكو و فارس ساسين - 1979

الانتفاضة هي "افتتان" و"نشوة" و"مأساة اغريقية"
"أين هي الحركة الدينية التي جعلت الجنة على الأرض؟"

ميشال فوكو واحد من أبرز الوجوه الفكرية الفرنسية، ولد في بواتييه(1926) ونشر تاريخ الجنون في العصر الكلاسيكي (1961) الذي تمحورت فيه اهتماماته اللاحقة: العلاقة بين البنى السياسية والعلوم، وبعبارة أخرى بين السلطة والمعرفة.
في العام 1966، أثار كتابه الكلمات والأشياء ضجة كبيرة في الأوساط الثقافية ورأى فيه موريس كلافيل، أهم كتاب يصدر منذ نقد العقل الخالص للفيلسوف الألماني عمانوئيل كنط. وعُدّ فوكو إثر هذا الكتاب مفكراً بنيوياً لأنه يشدد على دراسة البنى الداخلية للأنظمة الفكرية، وينادي ب"موت الإنسان" كمفهوم شامل. لكن دراسات فوكو المنهجية والتاريخية بدّدت هذا التصنيف المتسرع. هذا ولعنوان الكتاب قصة، اصر فوكو على روايتها في حديثنا.. كان العنوان الأصلي نظام الأشياء، لكن تبين للناشر أن مؤلفا آخر سيصدر في الموسم الثقافي ذاته حاملا العنوان ذاته. تدخل فوكو وغاليمار (الناشر) مع صاحب المؤلف لتغيير عنوانه، لكن محاولتهما باءت بالفشل. وأرغم فوكو على تغيير عنوان الكتاب فأطلق عليه عنوان الكلمات والأشياء، مما قاد إلى الظن أنه مصنف يبحث في الألسنية، مما ساهم في سوء الفهم الذي وقع الكتاب ضحيته. ويؤكد المؤلف أنه يشترط اعتماد العنوان الأصلي في ترجمة الكتاب إلى اللغات الأجنبية.
درس فوكو "ولادة السجن" والانظمة العقابية الحديثة في نهاية القرن الثامن عشر ومطلع القرن التاسع عشر في كتابه المراقبة والمعاقبة (1975) الذي يحلّل اجهزة السلطة. ونشر عام 1977 الجزء الاول من تاريخ الجنس تحت عنوان إرادة المعرفة وبرهن فيه أن العلاقة بين الرغبة والسلطة ليست بالبساطة التي يتصورها دعاة التحرر الجنسي.
ويمكن القول إن مفتاح المنهج الفوكوي متضمن في كتابه أركيولوجيا المعرفة.
أثارت أحداث إيران اهتمام فوكو فقام بزيارتين الى هناك للتعرف عن كثب الى هذه الظاهرة "الثورية – الدينية"، متخذاً موقفاً خلق ردود فعل مختلفة. فما هو رأي فوكو الان في هذه الظاهرة بخاصة وفي علاقة الدين بالسياسة بعامة؟
س- ميشال فوكو، ما الذي جعلك تهتم بموضوع ايران؟
ج- بينما كنت اقضي فترة نقاهة في الصيف الفائت بعد حادث صحي ألمّ بي، قرأت كتاباً لم يشتهر في فرنسا ولم يكن له فيها صدى كبير. هذا الكتاب هو مبدأ الأمل لأرنست بلوخ. وتراءى لي أن هذا الكتاب يطرح مسألة جوهرية هي مسألة الرؤية الجماعية للتاريخ التي بدأت تتبلور في أوروبا في القرون الوسطى. فحْوى هذه الرؤية هي إدراك إمكانية وجود عالم آخر وافضل على هذه الارض ورفض واقع الاشياء وعدم اعتباره امراً ثابتاً ونهائياً والسعي الى اكتشاف ثغرة ونقطة تضيء وتجذب داخل الزمن والتاريخ وتتيح الانتقال الى عالم افضل على هذه الارض الفانية.
إن جذور هذه الرؤية دينية. والفرق الدينية المنشقّة هي التي حملتها ونظمت تحت لوائها انتفاضات شعبية كبيرة في القرنين الثاني عشر والثالث عشر. وقد بلغت هذه الرؤية اوجها إبّان عصر النهضة اي في القرنين الخامس عشر والسادس عشر، واستمرت عبر الحروب الدينية.
أثارت هذه الاطروحة حول النشوء الديني لفكرة الثورة اهتمامي وبدت لي تاريخياً صحيحة وإن كانت معالجة بلوخ لها غير مرضية كلياً من وجهة نظر علمية تاريخية.
وبينما كنت أطالع هذا الكتاب، كانت الصحف تتناقل يومياً أنباء إيران: انتفاضة جماهيرية واسعة يواجه فيها شعب بأكمله أجهزة السلطة، انتفاضة لا يقودها حزب سياسي أو مجموعة من المنظمات السياسية، انتفاضة لا تقودها ايديولوجية ثورية مستوحاة من الغرب، بل يلعب فيها العامل الديني دوراً كبيراً، فربطت بين ما كنت اطالعه عن تلك الحقبة من التاريخ الاوروبي وبين ما كان يحدث في ايران واردت ان اشاهد عن كثب ما يجري هناك.
ذهبت الى ايران وفي ذهني السؤال الآتي: ما العلاقة بين الثورة السياسة والآمال الدينية؟
س- كان اهتمامك إذا نظرياً. كم مرة ذهبت الى ايران؟
ج- مرتين. ولم تتجاوز اقامتي فيها الخمسة أو الستة اسابيع. وقمت بالاتصالات التي يمكن لغربي في ظروف مماثلة أن يقوم بها. اجتمعت بأوساط طهران الجامعية، وبالعديد من الشباب والشابات الذين تركوا الجامعة أو لم يدخلوها اصلاً، ولعبوا دوراً في الانتفاضة الثورية. والتقيت كذلك عددا من رجال السياسة الذين احتلوا في طهران أعلى المراكز بعد سقوط الشاه، بينهم رئيس الحكومة... وفي قُم اجتمعت بشريعتمداري. وفي عبادان تحدثت الى مجموعات من عمال النفط المضربين. إلتقيت ايضاً بعض موظفي الادارات. لكن ما لم يتح لي هو مشاهدة ما يجري في الأرياف، فظلت معرفتي محصورة بالمدن الثلاث: طهران وقم وعبادان.
س- هل اجمتعت بآية الله الخميني؟
ج- كلا. لم يكن يهمني ما يجري في رؤوس القادة وإنما ما يحدث في ايران نفسها. كان محور اهتمامي أنماط ممارسات الشعب الثائر.
خطأ التحليل الاوروبي
س- ما هي في رأيك السمات التي ميزت الانتفاضة الايرانية؟
ج- في هذه الفترة كانت معظم التحليلات في اوروبا عامة وفرنسا خاصة تؤكد عجز الشعب الايراني عن تكوين إيديولوجيا ثورية ومقال ثوري ومنظمات ثورية، بالمعنى الغربي لكلمة الثورية، لذا انكفأ الى الاسلام وانطوى عليه.
بدا لي أن هذا التفسير لاحداث ايران غير صحيح. فلم يلعب الاسلام دوراً بديلاً غائباً. والادارة التي قادت التحرك الشعبي الواسع الذي جابه خلاله ملايين الاشخاص الجيش واجهزة القمع الاخرى، والتي اعطت هذا التحرك زخما وقوة، كانت في الوقت نفسه، سياسية ودينية. وما جرى في ايران في القرن العشرين شبيه بما جرى في اوروبا في القرنين الخامس عشر والسادس عشر عندما انتفض "الأنابابتيست" ضد السلطة السياسية واستمدوا قوة انتفاضتهم ولغتها من معتقدات وتطلعات دينية صادقة وعميقة.
س- قلت إنك رأيت في ايران إرادة عامة (اي اجماعاً شعبياً) كنت تعتبرها قبل ذلك "خرافة سياسية" او افتراضاً ذهنياً.
ج- لم تتح لي تجربتي كأوروبي سوى مشاهدة "ارادات عامة" مفوضة أو ممثلة أو متحركة من قبل هيئات سياسية وتنظيمات سياسية وقادة سياسيين في اوروبا. اعتقد مثلاً – ولنكن بذلك صريحين مع انفسنا – ان تمثيل ديغول لفرنسا عام 1940 قد يكون امراً واقعاً. لكنني اعرف جيداً – وكنت طفلاً يومذاك – أن إرادة الفرنسيين العامة لم تكن الى جانبه. كان تمثيل ديغول لفرنسا أمراً مستحباً على الصعيد السياسي ولعب دوراً تاريخياً مهماً لكننا لا نستطيع أن نقول أن ارادة الفرنسيين العامة تمثلت في ديغول.
الرؤية الأخروية
وقلما نجد "الإرادة الشعبية" في الانظمة الديموقراطية التي يتحدث فيها النواب والوزراء ورؤساء الجمهورية باسم الشعب. ونجد في المنظمات السياسية التي تدعي امتلاك تطلعات الشعب الاساسية قيادات كثيرة واجهزة بيروقراطية واسعة وتراتباً هرمياً واحتكاراً للسلطات. لذا بدا لي، قد اكون مخطئاً في هذا المضمار، ان الايرانيين الذين نزلوا ، في ايلول 1978، الى الشارع ليواجهوا الدبابات، لم يفعلوا ذلك مرغمين. ولم تعرّض مجموعات سياسية أفرادها للأخطار زاعمة تمثيل إرادتهم. نزل الشعب كله الى الشارع ورفض النظام المفروض عليه. وقد اثارت هذه الظاهرة الفريدة انتباه جميع الذين تابعوا الاحداث.
س- على ماذا اجمعت هذه الارادة العامة، اذا استثنينا رفض سلطة الشاه؟
ج- هذه نقطة صعبة التحديد وقابلة للاخذ والردّ. يدّعي بعض المراقبين أن الايرانيين اجمعوا فقط على رفض النظام القائم. لكن، ما اعتقده شخصياً، هو أن الايرانيين كانوا يريدون شيئاً آخر. ولم يكن ما ارادوه نظاماً سياسياً بديلاً عن نظام الشاه، ولا نظام رجال الدين. وقد سبق أن قلت هذا بوضوح. ما شدّ عقولهم وانظارهم عندما واجهوا يومياً خطر الموت كان نوعاً من الرؤية الأخروية اي انهم لم يطمحوا الى نظام سياسي جديد بل سعوا الى إنجاز نوع من الرؤية الدينية الأخروية.
س- وكانوا يطمحون الى تحقيقها على الارض...
ج- هذ ما طبع انتفاضتهم وما مدها بالقوة وليس فقط رفض الفوضى والتبذير والاحتكار والاستغلال والقمع والمذابح...
أرادوا مجتمعاً بلا دولة
س- يقودنا هذا الى مفهوم "الحكم الاسلامي". قلت إن التقاء هاتين العبارتين (حكم وإسلام) يؤدي الى واحد من احتمالات ثلاثة: التوافق والتناقض والابتكار. فما هو رأيك بعد تطور الاحداث؟
ج- بدا مفهوم الحكم الاسلامي منذ البداية ملتبساً وغامضاً. وقد طرحت اسئلة عديدة على شريعتمداري ومهدي بازركان. تحدثت جميع الاوساط عن الحكم الإسلامي دون أن تبلور هذا المفهوم. وضمانات رجل دين معتدل مثل شريعتمداري ووعوده لم تكن توحي كلياً بالثقة. فلا يكفي أن يقول رجل الدين: سنحترم الأقليات ونسمح بوجود الشيوعيين لطمأنة المراقبين. فعلى المثقف أن يظل متيقظاً.
عندما كان جميع الناس يتكلمون عن الحكم الإسلامي أو يفكرون فيه، كانوا يقصدون بذلك نوعا من التعايش اللاسياسي واسلوبا في الحياة الجماعية لا يشبه من قريب أو بعيد الأنظمة السياسية الغربية.
أما ما نسير اليه اليوم فهو نوع من أنواع الحكم (توافق؟ تناقض؟ ابتكار؟). كانت أسئلتي تدور حول المحور الآتي: هل يمكن، انطلاقاً من مفهوم الحكم الاسلامي الملتبس والغامض والذي يمكن ان يتحول الى حكم رجال الدين، هل يمكن انتاج شيء جديد؟ هل تتيح الظروف ومختلف الضغوطات الاقتصادية والسياسية لايران الوصول الى مجتمع جديد؟
كان ثمة قاسم مشترك بين كل الذين تحدثوا عن الحكم الاسلامي، من عمال عبادان الى مهدي بازركان وشريعتمداري. كان هذا القاسم محاولة الوصول الى أنماط من التعايش الاجتماعي وأشكال من التساوي لا تشبه أيا من الأشكال والأنماط الغربية.
س- هل كانوا يتوقون، بنظرك، الى نوع من "مجتمع بلا دولة"؟
ج- اذا شئت. لا بل هذه ما ارادوه بشكل أكيد. لكن كل هذه المفاهيم كانت غامضة ومتداخلة.
س- ينظرون الى الاسلام عادة على انه دين ودولة، فهل يمكن للإسلام أن يلعب دور نقيض الدولة؟
ج- هذا ما كانوا يؤكدونه في احاديثهم. قالوا لي مراراً: لما كان الاسلام على ما هو عليه، فانه يقي من كل الاخطار التسلطية التي تحملها اكثر اشكال الانظمة الديمقراطية عقلانية واعتدالاً.
س- ومفهوم "الروحانية السياسية" الذي اطلقته ابان الاحداث والذي اقام الدنيا ولم يقعدها بعد؟
ج- إن ما يحصل في ايران يشبه السعي الى روحانية سياسية وان هذا المسعى كان مألوفاً وواضحاً في القرن السادس عشر في أوروبا. وليس في ما قلته ما يزعج احدا. يمكن الرد عليّ: إن هذا ليس بصحيح وان الايرانيين لم يتوقوا الى روحانية سياسية. ولكن ان يقال، كما ورد في صحيفة لوموند، انني انا شخصياً اتوق الى روحانية سياسية، انها فضيحة.
ما قلته هو الآتي: انني شاهدت في ايران حركة غريبة لا يمكن فهمها إلا عبر مقارنتها باحداث جرت في التاريخ الاوروبي، وما جرى في اوروبا في القرون الوسطى وفي عصر النهضة والبحث عن روحانية سياسية. وثمة دليل على ذلك لا يمكن تجاهله لان له استمرارية في عصرنا اي في اوروبا المعاصرة، وهو "الكالفينية". ما هي الكالفينية؟ إنها ليست معتقداً أو تنظيماً دينياً فحسب. انها اردة تسعى الى تنظيم الحياة الاجتماعية والسياسية انطلاقاً من رؤيتها لعلاقة الانسان بالله وبالقيم الروحانية. والعديد من الحركات البروتستانتية تشبه في جوهرها التاريخي الانتفاضة الايرانية.
الروحانية السياسية
لم أقل يوماً إن الروحانية السياسية تطلُّع يمكن أن يحل مشاكل الغرب المعاصر. واكبر دليل على ذلك اننا في حاجة الى مقارنة تاريخية لفهم هذه الظاهرة. ولم أقل يوماً إن بإمكان "الروحانية السياسية" ان تحل كل مشاكل ايران. يكفي أن نعيد الى الذاكرة ما جرى في اوروبا في القرنين الخامس عشر والسادس عشر لندرك مدى الاضطهاد والقمع اللذين قادت اليهما هذه الحركات. الم تقد الكالفينية الى نصب عدد من المحارق؟ اين هي الحركة الدينية التي استطاعت أن تجعل الارض جنّة؟
لقد وصفت ما شاهدته. ربما اخطأت في الوصف. اما أن تنسب اليّ أفكار لا علاقة لي بها فأمر مشين.
س- لكنك تتعاطف مع التحرك في وصفك له...
ج- أولاً: لا يمكن فهم اي تحرك تاريخي أذا اتخذ الدارس منه موقفاً سلبياً ولو لم اتعاطف مع هذا التحرك، لما ذهبت اصلاً الى ايران.
ثانياً: قد تعتمد الحركات الثورية ما يسمى في بلدان العالم الثالث الخلفية الحضارية لكل بلد بدل أن تنقل النموذج الغربي الماركسي أو الليبرالي. وهذه ظاهرة قيد الانتشار وهذا ما يجري حالياً في افغانستان. وعلى المؤرخ أن يعير انتباهاً لكل ما يجري في زمنه.
ثالثاً: اذا كان تعاطيّ مع التحرك قد تخطى الفضول العلمي والسياسي فلانه واجه نظام الشاه القامع والاستغلالي والخاضع كلياً للامبريالية.
رابعاً: لولا الاسلام لما كان للتحرك هذه القاعدة الشعبية الواسعة، ولما وصلت اصداؤه الى اقاصي الارياف الايرانية. لقد تعرّف الشعب على ذاته في الانتفاضة ورأى في لغتها واهدافها لغته واهدافه. ولو جرى هذا التحرك تحت لواء الصراع الطبقي أو المطالبة بالحريات العامة لما كانت له هذه الاصداء، ولما تمتع بهذه القوة الكبرى.
لكن هذا التعاطف لم يقدني يوما الى القول:
1- يجب تقليد ما جرى في ايران ونسخه في الغرب.
2- ستقود هذه الانتفاضة الى الفردوس الارضي. لا بل كنت بعيداً كل البعد عن هذين التأكيدين.
كنت إذاً أطلق أحكاماٌ واقعية على قوى اجتماعية قمت بدراستها وايدتها في هدفها المباشر الذي هو قلب نظام الشاه الارهابي.
جرح الغرب
س- ليس لك أي علاقة اذا بتيار "العودة الى القدسية" الرائج حالياً في فرنسا؟
ج- لا من قريب ولا من بعيد. أنا، كفرد ينتمي الى الحضارة الغربية، لم أتخذ يوماً موقفاً علنياً من الدين وهذه قضية لا تعني احداً سواي. وتمنعني رؤيتي التاريخية والتعددية النسبوية من حمل لواء الانتفاضة الايرانية كوسيلة لاعادة تجديد الغرب وللعودة الى المقدسات.
يبقى السؤال التالي: لماذا شكلت الانتفاضة الايرانية جرحا عميقاً في الغرب؟ ولماذا اغدق عليّ الغرب صفة النبي المتعصب لمجرد أنني وصفت ما يجري هناك؟
س- هل توافق على ما قيل لك في طهران من أن الإسلام ضمانة تحول دون طغيان الدولة؟
ج- أشك في ذلك. ويعود هذا الموقف الارتيابي الى جهلي بحقائق الاسلام. ثم ان ما أعرفه عن تاريخ الاسلام لا يشكل في حد ذاته ضمانة يمكن الركون اليها تميزه عن سائر الاديان. واخيراً، لم ينبثق الاسلام الشيعي في ايران مباشرة من الدعوة النبوية. فلرجال الدين الشيعة تاريخ خاص يميزهم ويرتبط باشكال مختلفة من المؤسسات والهيمنة والمساعدات الجماعية...
الاسلام كحل؟
وهذه المسألة تعني بشكل رئيسي المسلمين انفسهم. فالعديد منهم يطرح السؤال التالي: هل يمكن في سياق الأحداث العام وفي الاوضاع الحالية الاعتماد على الاسلام وعلى الحضارة الاسلامية لاستنباط نظام سياسي جديد؟ وكان هذا السؤال في صميم اهتمامات العديد من المسلمين المتنورين الذين التقيت بهم. وهذا هو السؤال الذي حاول علي شريعتي الاجابة عنه. وهذا هو السؤال الذي طرحه امامي مهدي بازركان وشريعتمداري. تابع مسلمو اوروبا الذين اعرفهم احداث ايران باهتمام حاد وترقب وصمت. ويعود هذا الى انهم كانوا يطرحون على انفسهم هذا السؤال: اذا فشلت التجربة الايرانية واذا استولى على الحكم رجال دين طغاة وجهلة أفلا يعني هذا، وبالاحرى، افلا يدل هذا على استحالة اعتماد الاسلام والثقافة الاسلامية للبحث عن نظام سياسي جديد؟ اوليس نجاح التجربة الايرانية نجاحاً للاسلام؟
فما أريد ان الفت اليه الانتباه هو ان مسلمي اوروبا لم يخرجوا عن صمتهم رغم الحملات الصحفية الفرنسية المسعورة. ويعود ذلك في رأيي الى الآمال الكبيرة التي علقوها على الثورة الايرانية والى الخوف من انهيار هذه التجربة. ولا بد انهم الان يراقبون عدداً من الاشياء التي تجري في ايران بمزيج من المرارة والقلق والضغينة.
"مبدأ الأمل"
س- هل ثمة ما تضيفه لتفسير الموقف الاوروبي في الانتفاضة؟
ج- إن اوروبا عاشت فترة طويلة على "مبدأ الامل" بعد أن محورته حول فكرة الثورة السياسية وملحقاتها: الاحزاب والطلائع والطبقة العاملة...الخ...
ونعلم الوم الى اية مآسي قادت هذه الفكرة. لذا فان اي انتفاضة تخرج على اطر القوالب الاوروبية تثير نوعاً مما يمكن تسميته "الغيرة الحضارية": لن يقوموا بثورة ناجحة باساليبهم الخاصة ونحن فشلنا عندما اعتمدنا اساليبنا، سبقناهم الى فكرة الثورة، واخترعناها، وبلورناها ونظمنا حولها معارف وعلوما وادخلناها في اطار النظم السياسية والحزبية، لذا لن ينجحوا هم حيث فشلنا نحن، اقترح هذا التفسير لكني لست شديد الثقة به.
س- تتحدث عن "لغز الانتفاضة" وتقول ان الانتفاضة عامل "خارج التاريخ" ثم تقول:"الانتفاضة تستعصي على كل تفسير". لماذا يشكل الانسان الثائر لغزاً؟ او ليس اللغز خضوع الانسان؟
ج- انك تطرح هنا سؤالاً مهما وخطيراً. سأجيب عنه دون ان أكون واثقاً من صحة جوابي ودون أن اكون واثقاً أن هذا الجواب هو جوابي النهائي. يبدو لي أن آلاف الاسباب تدعو الإنسان الى الخضوع. ستجدني فجأة هيغليا، لكن العبد الذي يفضّل حياته على الموت ويقبل بالعبودية يستمر في الحياة. ينتهج واحداً من سبل الخنوع. ولكن ما يبدو لي لغزاً هو مخالفة الانسان لهذا النمط من الحسابات الواضحة والسهلة عندما يقول:" افضل أن اموت تحت وابل من الرصاص على الموت جوعاً، افضل أن اموت اليوم ثائراً، على الاستمرار في الخمول تحت هيمنة سيد فرض عليّ، افضل أن اختار الموت على الموت دون اختيار. فاختيار الموت بديلاً عن الموت البطيء يفترض قطيعة كاملة مع كل العادات والتكيفات والحسابات التي تشكل نسيج الحياة اليومية.
فعندما تقع انتفاضة تاريخية، يمكن للمؤرخين وعلماء الاقتصاد والاجتماع الذين يستلهمون النموذج الماركسي في تحاليلهم ان يفسروا الظروف التي احاطت بالانتفاضة والاسباب التي أدت اليها والشعارات التي حملتها الثورة وتداولتها. لكن قرار الانتفاضة يبقى خارج هذه التحليلات التي لا بد منها والتي تعجز عن تفسيره. الا انني عندما قلت ان الانتفاضة عامل خارج التاريخ لم أعنِ ابداً أنه عامل خارج الزمن.
مواجهة الموت
والمؤرخون في فرنسا يسعون منذ فترة الى التقليل من اهمية الحديث. ورأيي أنه يجب أن نعود إلى دراسة الواقعة التاريخية والثورة واقعة تاريخية. أدرك الفرنسيون في فترة معينة أنهم في صدد القيام بثورة وقاموا بها لأنهم أدركوا ذلك. وهذا عامل مهم سياسيا ويقطع حبل الاستمرارية الاجتماعية. عندما كانوا ينصتون لخطاب دانتون، أو يجتاحون الجمعية العامة... كانوا يدركون أنهم يصنعون التاريخ.
وفي إيران عام 1978، كان الشعب يدرك أنه يقوم بعمل. وأن هذا العمل ثورة وانتفاضة. وأن هذه الانتفاضة هي تحرر من نمط معين من الرتابة التاريخية.
الاسباب والدوافع شيء ومواجهة القرارات التاريخية شيء آخر. فخطر الجوع لا يفسر العزم على الانتفاضة. كل فرد وكل شعب يوازن بين التضحيات والآمال ليحسم قرار المواجهة بحياته مواجها الجيش والشرطة وسائر أجهزة القمع.
ويتخذ قرار المجازفة بالحياة اشكالا متعددة: تنظيم حرب عصابات، عمليات فردية، انتساب إلى حركات جماهيرية، مظاهرة ذات طابع ديني، موكب جنائزي... وإنني أطلق على هذه الاشكال تسمية "درامارتوجية المعاش الثوري". وهي أمر لا بد من دراسته لأنها تشكل التعبير الحسي عن قرار المجازفة بالحياة وكسر الاستمرارية التاريخية. وهذا القرار هو محرك الثورة.
س- يقوم القسم الأكبر من مؤلفاتك على دراسة أجهزة السلطة (المستشفى، السجن...) فهل الانتفاضة عامل دخيل لا ينسجم مع دراساتك كما يوحي بذلك بعض المفكرين مثل كاستورياديس؟
ج- عندما درست أجهزة السلطة، لم أزعم يوما أنها تشمل الحياة الاجتماعية كلها وأنها تستنفد التاريخ. أكتفيت بدراسة أجهزة بدت لي مهمة في حقبات معينة من التاريخ.
وأظهرت في دراستي أن السلطة ليست جوهراً، وأنها ليست ملكية طبقة اجتماعية، وأنها ليست نوعا من القدرة ينتجها جهاز الدولة. ثمة علاقات سلطة بين الناس وعلاقات السلطة بين الافراد غير متسقة.
السلطة علاقة. وكل علاقة تفترض طرفين. ويؤدي تغير أي من الطرفين إلى تغير العلاقة. ليست السلطة بنية تسجن العناصر في مواقعها. إنها شبكة علاقات متغيرة، متحركة، قابلة للتعديل وواهية. واذا كانت العلاقة السلطوية دينامية وتحدد، الى حد ما، موقع كل من الطرفين فان مواقفهما يؤديان بدورهما الى تعديل العلاقة.
لا يمكن أن نقول اذا: السلطة والناس عاملان منفصلان. لان ذلك يؤدي بنا الى أحد احتمالين: سلطة قادرة كلياً وسلطة عاجزة كلياً. وليس هذا بصحيح لأن كل سلطة مزيج من القدرة والعجز، من الادراك والجهل... وكل من الطرفين يحدّ من سلطة الآخر. ويهيمن الاستقرار حيناً وتهيمن الانتفاضة حيناً آخر.
الحقوق؟
س- بين السلطات والانتفاضات ادخلت مفهوماً ثالثاً هو الحقوق. ما هي طبيعتها وعلى أي اساس تقوم؟
ج- في نظمنا الاجتماعية التي تضم الدولة والاجهزة السلطوية الاخرى، تساهم سلسلة من التقنيات في تحويل عملية حكم الناس الى ممارسة ممكنة. ولما كان تأمين الاستقرار يفترض تنوع اجهزة السلطة وتكاثرها، نزعت كل سلطة الى توسيع سلطتها.
دور المثقف هو في مواجهة السلطات عبر تعيين الحدود العامة التي على كل سلطة الا تتعداها. الحقوق هي اذا ضمانة عدم تجاوز السلطة لحدود معينة. وهذه الضمانة مؤقتة وضعيفة وتتطلب دفاعا دائماً عنها.
س- ما هو مصدر هذه الحقوق؟
ج- الحقوق ظاهرة شاملة لانها تقوم بمواجهة انظمة سلطوية تعمل في جميع المجتمعات. واذا لم تجد السلطة ما يحدها هيمنت وطغت واستبدّت. وازاء ظاهرة السلطة الشاملة، وجب ايجاد شمولية أخرى هي الحقوق. تأخذ هذه الشمولية اشكالاً متعددة ومختلفة لكنها تعين دائماً للسلطة حدودها.
لحقوق الانسان تاريخ. وما من حقوق شاملة في كل مكان وزمان. تقتصر الشمولية على وجود الحقوق.
س- هل العقل مصدر هذه الحقوق؟
ج-بل هي الارادة.
هل لاحظت غياب مفهوم الارادة في الفكر المعاصر؟ يتحدثون اليوم عن الرغبة وعن العقل لكن مفهوم الارادة غائب كلياً. وتقودني دراساتي لاجهزة السلطة منذ سنين الى رد الاعتبار لهذا المفهوم.
لا ريب أن الرغبات توظف في الارادة. ولا ريب أن المخططات العقلانية توظف فيها أيضاً. لكن ما يميز الارادة هو عنصر القرار. الارادة هي التي تتخطى حسابات المصالح وطغيان الموت.
الارادة هي ما يعين للذات موقعها الخاص. هي ما يقول: افضل أن اموت أو افضل ان اصبح عبداً أو اريد أن اعرف...
س- ما هو الفرق بين الذات والارادة؟
ج- الارادة هي الفعل الخالص للذات، والذات هي ما يحدده ويحتمه فعل الارادة. إن المفهومين مرتبطان.
س- اوليس مفهوم الارادة هذا مفهوماً مثالياًَ وشبيهاً بمفهوم الانسان الذي عالجته دراستك؟
ج- ان سبب نقدي لمفهوم الانسان وللمذاهب الانسانية السائدة في الخمسينات والستينات هو الشمولية التي اعطيت لهذا المفهوم: ثمة طبيعة انسانية وجوهر انساني وعلينا باسم هذا الجوهر وباسم هذه الشمولية أن نقوم بالثورة وان نؤمم الصناعة وان نقضي على الاستغلال وان ننتسب الى الحزب الشيوعي ...
كانت هذه الشمولية تتيح العديد من الاشياء وتفترض بسذاجة، نوعاً من الاستمرارية التي تتخطى التاريخ. ولم يكن هذا المفهوم مقبولاً من وجهة النظر العلمية أو من جهة النظر السياسية.
أما مفهوم الارادة كما حددته فلا يفترض هذه الشمولية.
إن كلامي عن الارادة يقربني جداً من سارتر وتصوره للحرية ومن فيخته، فسارتر فيختوي وليس هيغليا. لكنه طبعاً لا يقودني الى نظرة سارتر "الانسانية".
دور المثقف:
س- ما هو في رأيك دور المثقف؟
ج- يعاب عليّ أنني، اذ افكك بنى السلطة، لا اعرض بديلاً. انني اظهر ما هي البنى القمعية في السجن، ولكن لا اقول كيف يجب أن ينظم السجن. انني اظهر باي ممارسات ترتبط فكرة المرض النفسي، وكيف تم تصنيف الامراض النفسية، ولكن لا اقول كيف يجب أن تعالج الامراض النفسية...
انا لا اطرح سياسة بديلة لان هذا العمل ليس عملي. فليس على المثقف أن يتنبأ ويشرع ويسنّ القانين. إن دوره في رايي هو الآتي: اظهار انه بامكاننا دائماً أن نثور لنغير الاوضاع المفروضة علينا. وان اسبابا تدعو دائماً وابداً الى الانتفاضة.
إن هدفي، وهو أحد الادوار التي يمكن للمثقف أن يقوم بها، بل يجب أن يقوم بها، زيادة الفرص التي تتيح الانتفاضة على الواقع وليس ضروريا ان تأخذ الانتفاضة شكل الثورة الايرانية اي نزول ملايين الناس الى الشارع. يمكن أن نثور على نمط من انماط العلاقات العائلية والجنسية، وعلى اسلوب من اساليب التعليم والاعلام...
وعلى الناس أن يخترعوا، افراداً وشعوباً، في الوقت نفسه، ما عليه سيثورون، والنظم التي سيشيدونها على رماد البنى السابقة.
وليس مستحباً ولا ممكنا ان يوجد مجتمع بلا انتفاضات.
س- في سياق كلامك على ايران، لفتت انتباهي بعض العبارات في وصفك للانتفاضة منها: "افتتان"، "نشوة"، "جمال"، "دراماتيكية"، "مسرح"، "مأساة اغريقية"... أولا يخبىء المفكر الصارم فوكو فنانا معاصراً لفرنسيس باكون وستانلي كوبريك؟
ج- انني اشكرك على هذا المديح وأود أن اضيف الى هذا الانطباع انني لست إنسانا باردا وجافا وجامداً لا يدرس سوى البنى السلطوية. يجب ألا نخلط بين الباحث وموضوع بحثه. فإنني عندما أفكك آلة السلطة وادرس انماط ترابطها وتوزعها، فلا يعني هذا أنني مرتبط عاطفياً بها. إن كتابي عن الجنون نص غنائي. وهذا أيضا موقفي من المجرم والجانح.

النهار العربي والدولي
الاثنين 20 – الاحد 26آب/أغسطس 1979